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Tribune

«Rien n’interdit d’être optimiste», Philippe Bertin (Indexel)

22/06/2020 - par Philippe Bertin, PDG de l’agence Indexel

Non seulement le confinement n’aura eu raison ni de notre pugnacité ni de notre culture collaborative, mais il nous a permis de comprendre plus vite ce vers quoi nous devions aller en tant qu’agence pour offrir le meilleur à nos clients… et à nous-mêmes.

16 mars 2020. Tout s’arrête. Brutalement. Commence alors pour mes équipes et moi ce qui n’aurait pu être qu’une longue solitude collaborative faite de connexions à nos applications... mais plus vraiment aux autres. Or, non seulement nous avons su réinventer sans préavis notre quotidien pour préserver ce qui fait le sel de nos journées pro, mais nous en avons tous tiré de précieux enseignements : pour nous-mêmes et notre relation au travail, et surtout pour redéfinir notre raison d’être et notre modèle en tant qu’agence conseil.

C’est vrai, cette crise du Covid-19 a fait du mal à notre carnet de commandes, pourquoi le nier ? L'arrêt net de l’économie s’est imposé à tout le monde et on ne voit pas très bien comment nos clients auraient pu s’engager dans des projets de transformation marketing ou de notoriété avant même de revoir leurs propres priorités.

Ce qui nous a jusqu’ici préservés du pire ? D’abord l’agilité de notre organisation, déjà rompue au télétravail, avec toutes nos applications et nos données dans le cloud. Mais c’est aussi notre positionnement hybride, à mi-chemin entre consulting et agence digitale : nos clients ont plus que jamais besoin de conseils pour réorienter leurs plans d’action ou accélérer la digitalisation de leurs modèles marketing. Et quand la vidéo est à la peine faute de tournages possibles, les campagnes d’acquisition et les événements virtualisés cartonnent.

Certitudes explosées

Soulagés d’avoir réussi à tenir durant ce temps de sidération générale, nous aurions pu nous satisfaire des signes de reprise qui pointent en ce mois de juin et poursuivre notre route comme avant. Oui, nous aurions pu. Sauf que nous sortons d’une expérience aussi inédite qu’imprévue qui nous a tous fait réfléchir. Trois mois pendant lesquels toutes les certitudes ont explosé : sur l'organisation individuelle et collective, sur les méthodes de management et d’empowerment, sur l’articulation vie pro/vie perso et même sur l’usage de nos superbes locaux fraîchement agrandis.

Alors on en vient à se demander à nouveau ce qui compte vraiment pour nos clients. Quasi instantanée, la réponse tient en trois mots : expertise, créativité, réactivité. Le vrai sujet devient donc : comment remettre les équipes dans la meilleure configuration possible, à la lumière ce que nous venons de vivre, pour rendre l’agence toujours plus experte, créative et agile ?

J’ai profité du confinement pour m’entretenir de ces questions avec chacun de mes collaborateurs. Des discussions passionnantes d’où rapidement émerge l’essentiel : nous avons tous grandi. Nous savons aujourd’hui ce qui fait vraiment sens dans le télétravail et pourquoi nous avons envie d’y recourir davantage, moi le premier. Mais nous en connaissons aussi désormais les limites : nous avons expérimenté à l’excès le manque de vrais rapports sociaux. Or, nous en avons besoin pour bien nous connaître, pour nous respecter et nous faire confiance, et donc in fine pour faire du bon travail ensemble. Contrairement à ce que je lis ça et là, je ne crois pas à la digitalisation totale du lieu de travail car je fais partie de ceux - peut-être à cause de mon âge - qui ne pourront jamais se satisfaire d’une vie derrière un écran.

Des locaux pour quoi faire ?

Il y a dans toute collaboration une dimension technique, bien sûr, mais il y a aussi un enjeu émotionnel fort. Pour réussir en apportant à nos clients tout ce qu’ils attendent de nous - et ils en attendent souvent beaucoup - nous devons entretenir à tout prix la cohésion d’équipe, l’enthousiasme, le sens de l’écoute. Dès lors, pourquoi ne pas faire du temps passé à l’agence un temps choisi et utile, dédié au partage, à l’émulation collective, à la créativité ? Car à quoi bon perdre une heure dans les transports pour se retrouver devant le même ordinateur à travailler sur les mêmes applications, le plus souvent avec son casque sur la tête pour concilier open space et concentration ?

L’ère du manager-surveillant, à l’égo mal placé, est révolue. On le savait déjà, mais il rodait encore dans les couloirs de bon nombre d’entreprises. Le confinement aura précipité sa disparition. Vive les managers-coach, dont la mission consiste à organiser le travail, le partage et le transfert de compétences. Osons donner à nos collaborateurs l’autonomie qu’ils revendiquent. Laissons-les décider pour eux-mêmes comment atteindre leurs objectifs, et prendre leurs responsabilités, pour mieux les assumer. Notre positionnement conseil nous oblige en cela parce qu’il impose une séniorité tant dans les savoir-faire que dans le savoir-être, les fameuses soft skills. Profitons de ce moment unique, ce reset de l’entreprise, pour aller au bout de nos intentions. L’audace est toujours récompensée, nos collaborateurs n’en seront que plus motivés et nos clients plus satisfaits.

Reste à maintenir, en complément de toute cette autonomie, un sentiment fort d’appartenance, à préserver notre ADN. C’est le nouveau rôle assigné à nos beaux et spacieux locaux proches de la Bastille, qui doivent en outre s’ouvrir pour accueillir d’autres expertises nomades. Dès lors que notre agence devient un lieu choisi, il devient le théâtre de toutes les expériences collectives, l’illustration de notre culture d’entreprise, l’incarnation de nos valeurs : l’écoute, l’exigence, le dépassement de soi. Cette transformation ne se fera pas d’un claquement de doigt, bien sûr. Rien n’est acquis et nul ne saurait prédire la durée et l’intensité de la crise économique à venir. Mais dès lors qu’il s’agit d’un projet dessiné en commun et que le digital, utilisé à bon escient, permet la plus grande flexibilité, rien ne m’empêchera d’être optimiste.

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