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Tribune

Ne parlons plus de musique «de stock»

21/07/2020 - par Boris Nicou, directeur son chez Prodigious France

Après avoir traversé un creux qualitatif, la musique de librairie, chère à la publicité, connait depuis une dizaine d'années un nouvel élan artistique. Et la technologie pourrait encore la faire grandir.

Si je vous dis musique et publicité, vous allez avoir à l’esprit d’énormes synchros du genre Halo de Beyoncé, pour Chanel, ou We will rock you de Queen, pour Evian, ou peut-être Chandelier de Sia, pour Dior. C’est vrai, la synchro représente toujours une grande partie des bandes-son des films publicitaires. Une autre partie est couverte par des compositions originales, dites « musiques à l’image ». Mais ce que vous ignorez peut-être, c’est qu’une autre partie des musiques que vous entendez tout au long de la journée, à la radio, au cinéma ou même dans vos séries préférées, sont issues de catalogues de musique de librairie.

La musique de librairie a connu un essor considérable mais elle a, du fait de son industrialisation, traversé un creux artistique et qualitatif, d’où son surnom parfois de « musique d’ascenseur ». Mais ça, c’était avant ! Depuis plus d’une décennie, elle fait un retour en force avec des compositions dignes des plus grandes productions.

Brève histoire de la musique de librairie

La musique de librairie a vu le jour au début du siècle dernier, à l’époque du cinéma muet, où des éditeurs proposaient des partitions adaptées aux diverses ambiances des films qui étaient alors jouées par un orchestre en direct dans la salle. Avec l’arrivée des films sonores de la télévision et de la publicité, la musique de librairie est devenue une vraie économie parallèle dans l’industrie musicale. De nombreux labels dédiés ont émergé dans le but de fournir des ambiances musicales prêtes à l’emploi.

Parfois créés sur commande, parfois réalisés en fin de session de studio, ces albums ont été un vrai terrain d’expérimentation pour les artistes. Des grands noms de la musique contemporaine se sont d’ailleurs prêtés au jeu, sous leur vrai nom ou sous un pseudonyme pour ne pas interférer avec leur carrière dans l’industrie musicale. C’est le cas par exemple du grand Ennio Morricone - pour n’en citer qu’un - qui vient de nous quitter…

S’éloigner du stock pour se rapprocher de la musique

A suivi un creux artistique dans les années 1990-2000, correspondant à la généralisation des home studios, des synthétiseurs numériques, des workstations et autres nouveaux outils musicaux. N’importe qui pouvait s’improviser artiste-compositeur, oubliant la qualité pour la quantité. C’est l’ère de la fameuse musique au mètre.

Mais depuis quelques années, dans un marché croissant, avec des canaux de diffusion de plus en plus nombreux, on a enfin vu arriver de vrais professionnels sur ce secteur : labels indépendants (Ninja Tune, Because, K7, Roche ou encore Mutant Ninja), majors (Universal, Sony…), chaînes de télévision, sociétés de production image/son. Tous ont apporté une vraie qualité de production créative à la musique de librairie. Certains albums de librairie rivalisent même avec des albums de l’industrie traditionnelle. L’insipide musique dite « d’ascenseur » est révolue.

Quel avenir pour la musique de librairie ?

Les enjeux évoluent et l’exigence du livrable avec : la musique de librairie a désormais toute sa place, notamment au vu du nombre de critères auxquels une musique est confrontée selon son utilisation (publicité, série, cinéma). Pour l’instant, aucune machine n'a pu encore remplacer l’humain dans la création. Néanmoins, l’intelligence artificielle est devenue un allié pour les librairies musicales. On voit depuis peu l’émergence de plateformes de qualité permettant de trouver une musique recherchée grâce à une simple référence de genre, de mood, d’instrument ou simplement en entrant une URL YouTube.

Créativité, expérimentation, bond technologique, IA… Une chose est sûre, la musique dite de « stock » ne rime plus avec musique « d’ascenseur ». Il est temps de lui trouver un nouveau nom.

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