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Marqués par l’angoisse de la maladie, épuisés moralement par des heures de visioconférence, essorés par ce confinement qui n’en finissait plus, l’heure des vacances avait enfin sonné. Portables en mode silence (mais jamais éteints) ; mails réduits à l’essentiel (mais pas déconnectés), nous voilà partis, épuisés (bon on n'était pas à la mine quand même) mais heureux. Oubliés le Covid, les sombres images de réanimation, le décompte morbide de ces tristes journées, le pays à l’arrêt, les journées passées entre nos quatre murs. C’était un mauvais rêve, une parenthèse dont nous ne garderions que les meilleurs souvenirs. Le soleil, la douce canicule, la famille, les amis, tout cela allait en chasser les mauvais, et refouler ces jours de peur. Avec Ferrat : « Au grand soleil d'été qui courbe la Provence/Des genêts de Bretagne aux bruyères d'Ardèche/Nous retrouvions la France et ce goût du bonheur qui rend ma lèvre sèche. » Mais cette année, les paroles de cette grande chanson résonnaient tout d’un coup différemment. Non, « quelque chose dans l’air » n’avait pas cette transparence… Ce petit quelque chose qui freinait notre respiration, gênait nos embrassades, gâchait un peu nos apéros en terrasse, s’appelait masque.
Et puis tout a commencé à se gâter début août. Cette année, ce ne sont pas les orages qui ont marqué la fin de l’été, mais bien les premiers clusters, les chiffres qui font trembler les courbes, le retour des épidémiologistes sur les plateaux TV. À peine commencés, les jours d’insouciance étaient bien vite finis. Le virus était là, rodant autour de nous, toujours inarrêtable, reprenant sa course, plaçant à nouveau nos vies sous le signe de l’incertitude et de la peur. Au 15 août, la messe était dite, la rentrée se ferait avec ! Avec le virus. Avec les masques. Avec les consignes sanitaires qui allaient redevenir notre quotidien. Avec cette campagne de pub du gouvernement terriblement impactante. La magie des vacances s’essoufflait. Il fallait rentrer. Les maillots de nos valises rapidement rangés, les masques dans nos sacs de boulot vite glissés, le retour aux réalités nous sortait brutalement de la léthargie estivale. Six mois de virus, 15 jours de parenthèse et déjà la perspective d’une année de plus à espérer surfer entre la première vague, la deuxième, la troisième peut-être. Septembre n’allait pas démentir les sombres prévisions. Nous y sommes. 

Quel retour d’expérience ?

Qu’avons-nous fait de notre été ? Qu’avons-nous loupé ? Qu’avons-nous fait de l’armistice que le virus nous avait accordé ? Chacun à notre manière, jeunes et vieux, épicuriens et stoïciens, hypocondriaques et contestataires, avons-nous été inconscients, négligents ? La question vaut aussi pour ceux qui nous gouvernent. Y a-t-il eu un retour d’expérience suffisant comme chaque situation de crise l’exige ? Dans son arbitrage, immensément difficile entre santé et économie, l’exécutif n’a-t-il pas laisse le balancier partir trop vite du côté de l’indispensable relance ? Mais que notre responsabilité individuelle soit engagée ou que celle de ceux qui nous gouvernent le soit, émerge semaine après semaine un autre questionnement. Pourquoi notre pays individuellement et collectivement donne-t-il le sentiment à ses concitoyens de faire plus mal que les autres ? Pourquoi notre système de santé, un des meilleurs au monde, apparait-il aujourd’hui si fragile ? Cela ne concerne pas que la santé. Plus largement, pourquoi nos performances en matière d’éducation, d’emploi, de logement, nous classent-elles depuis des années dans le milieu ou le bas du peloton des pays comparables ? Chacun se renverra la faute pour traiter de ce « mal français ». Les experts s’opposeront sur les chiffres et se contrediront. Les politiques défendront leur bilan et critiqueront celui de leurs adversaires. Les citoyens accuseront leurs dirigeants, leurs collègues, leurs voisins. Le défi est pourtant d’une toute autre nature. Face aux menaces, face à la crise sanitaire, économique, notre pays est-il encore capable d’une mobilisation collective, a-t-il encore la force de combats en commun ? Citoyens, État, collectivités locales, entreprises, notre sursaut peut-il vaincre le virus ?

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