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Sport

Coronavirus : le casse-tête des diffuseurs sportifs

20/03/2020 - par Ambrine Ziani

Privés de matchs, les diffuseurs dont le modèle économique et la programmation reposent uniquement sur le calendrier sportif, doivent revoir leur stratégie éditoriale pour ne pas rompre le lien avec leurs abonnés. Un dilemme de plus en période de confinement.

«Les abonné(e)s payent un produit qu'ils n'ont plus...», déclare Vincent Chaudel, économiste du sport et fondateur de l'Observatoire du Sport Business. Les médias détenteurs de droits de diffusion font face aux suspensions et reports de plusieurs compétitions et événements sportifs, dont l'Euro de football 2020, décalé à 2021 et le tournoi de tennis de Roland-Garros, reporté à l'automne 2020, tout comme les 24 Heures du Mans.

BeIN Sports, qui avait d'ailleurs conclu un accord de diffusion avec l'UEFA pour l'Euro 2020, a quant à elle choisi d’investir de nouveaux terrains, en créant deux nouvelles émissions sur ses supports digitaux et un nouveau rendez-vous matinal de gym. «Chaque média essaye rapidement de trouver sa solution et sa stratégie. BeIN, qui fait partie des plus fragiles avec RMC Sport, opte pour la création de contenus et de l’interaction, ça c’est intéressant», observe l’économiste du sport.

Pour ce qui est de l’antenne, la chaîne qatarienne qui revendique 3,4 millions d’abonnés, va combler l’absence de direct et d’émissions liées aux compétitions, avec une série de documentaires Champions Factory et la rediffusion de grandes compétitions. Pour assurer la protection des équipes, Florent Houzot, directeur de la rédaction, a demandé à stopper les déplacements et tournages en studio.

 

Lire aussi :  Canal, la remontada

RMC Sport, diffuseur notamment de la Ligue des champions et de la Premier League, n'est pas épargnée. La chaîne alterne entre reprogrammations et documentaires. De nouveaux épisodes des programmes phares de la chaîne, comme Transversales et Le Vestaire, sont également en cours de production.

«À aucun moment, je me suis dis qu’on allait tout arrêter. Le sport en direct ne peut plus être représenté, mais on a quand même un catalogue de documentaires et de grands matchs qui peuvent permettre aux amoureux du foot de se consoler en revoyant les grandes affiches du passé», assure Hervé Béroud, directeur général délégué d’Altice Média, chargé de l’information et du sport. Priorité également aux archives pour le diffuseur qui revendique 2 millions d’abonnés et a perdu en fin d'année les droits de la Ligue des champions 2021-2024 au profit de Canal+ et BeIN.

Pour l'heure, des journalistes de la chaîne sont mobilisés pour les autres antennes du groupe Altice, essentiellement RMC et BFMTV. «La seule chose qu’on ignore c’est l’échéance exacte. Mais on va préparer la suite, notamment durant les mois de juin et juillet, qui ont été libérés à la suite de l’annulation de l’Euro 2020», annonce Hervé Béroud, directeur général délégué d’Altice Média, chargé de l’information et du sport. 

 

150 à 200 millions d'euros perdus

Le report de la compétition à l’été 2021 posera à nouveau des questions de grilles de programmes, mais aussi de surcoût, pour tenter de combler le manque à gagner. Autres conséquences, les tarifs des régies publicitaires de TF1, M6 et BeIN Sports, dont les diffuseurs se partagent les droits télé.

«La page de publicité autour d’un Dijon-Brest ne va pas être la même que celle d’un Croatie-Pays-Bas [Euro 2020], mais ce Croatie-Pays-Bas sera diffusé un an après… donc je ne pense pas que ça va ramener les régies à revoir leur grille tarifaire liée à l’Euro de football, mais que ça va impacter leur grille tarifaire à partir de juin 2020, voire à partir d'avril», soulève Vincent Chaudel.

D’après des estimations du cabinet KPMG, les pertes pour les droits TV de la Ligue 1 seraient évaluées entre 150 de 200 millions d’euros.

 

Endiguer la vague de désabonnements

Canal+ a basculé l’intégralité de ses programmes en clair jusqu’au 31 mars. Co-diffuseur également de la Ligue 1 et de nombreux grand prix de Formule 1, la filiale du groupe Vivendi est par ailleurs la plus épargnée. Son modèle peut s’équilibrer, en s'appuyant sur ses autres verticales : le cinéma, les séries, la jeunesse et les documentaires, dont sportifs. Même si la chaîne à péage a toujours fait du sport un de ses leviers historiques. 

Reste à savoir si les autres diffuseurs excluent ou non tout geste commercial. «Il est trop tôt pour y répondre. Pour l'instant on est dans une pause», reconnaît Hervé Béroud.

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