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Talent à suivre

Sophie Harris-Taylor, sans retouche

04/03/2020 - par Marie-Caroline Royet

Cette photographe anglaise se plaît à disséquer sa propre psychologie et donne à voir autrement les femmes.

Cachez ces pores que je ne saurais voir. Imperfections, peaux à problèmes, rougeurs… C’est au travers de ces différences que la photographe anglaise Sophie Harris-Taylor a choisi d’immortaliser la beauté. Sous la forme d’une série de portraits de femmes intitulée Epidermis, cette collection apparaît comme inhabituelle dans un monde où l’image est aseptisée et filtrée à tout va. «J’ai longtemps souffert d’acné sévère. Me replonger dans mes souvenirs m’a renvoyé aux sentiments que j’éprouvais. À l’époque, seule le règne de la peau parfaite comptait. Depuis, les modèles ont évolué avec l’affluence du body positive, la déconstruction des standards et la présence de diversité.» En témoigne l’incroyable écho fait sur les réseaux sociaux et dans la presse, qualifiant la mise en lumière de ces problèmes de peaux de «life changing» [bouleversant]. Un autre projet photo tout aussi intime : Sisters. «Je réfléchissais à la relation avec ma sœur, elle a toujours été orageuse et le temps a creusé une distance entre nous. Je voulais explorer cette fameuse connexion au travers d’autres modèles de sororités, espérant que cela puisse faire la lumière sur la nôtre.» Des albums de famille tout en douceur. «La plupart de mes projets naissent d’expériences personnelles, mêlant à la fois le familier et l’inobservé.» Telle une thérapie, chacun de ses projets reflète le fruit d’une introspection profonde.
En toute intimité
Elle se décrit comme timide, son entourage la voit pourtant comme quelqu’un d’extraverti. «Je suis plutôt du genre tête-à-tête.» Finalement, la jeune femme a trouvé au travers de son objectif un medium d’expression. Ses débuts dans la photographie n’ont pour autant pas été marqués par un événement majeur. «Quand j’y réfléchis, je me vois toujours faire ça, dès mes jeunes années j’étais celle qui documentait tout.» Après avoir étudié la photo à l’université de Kingston, elle a enchaîné les petits boulots, histoire de payer son loyer en plus d’économiser pour l’achat de son matériel. Même si ces derniers temps, elle avoue être assez chanceuse pour toucher assez de commissions lui permettant de se concentrer sur ses projets personnels. Visuellement, ses clichés peuvent choquer, le public demande à être éduqué. «À la suite de la naissance de mon fils en 2018, personne ne m’avait préparée au terrain miné qu’allait être l’allaitement. Comme pas mal de femmes, je pense que j’idéalisais trop.» Ainsi était né son petit dernier : Breastfeeding. Un projet tout en intimité, difficile à shooter selon elle, la vue d’un téton faisant encore trembler l’opinion publique. Son regard sur les femmes dérange, bouscule et interroge. «Il est nécessaire de faire en sorte que les femmes se sentent bien. Je n’ai rien contre les hommes, mais la plupart des thèmes que j’aborde viennent de mes propres préoccupations.» Préoccupations partagées ! 

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