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Dessin

Blachette, sans artifice

16/06/2020 - par Ambrine Ziani

Née sur Instagram, Blachette combat les inégalités sociales par l’illustration, en résonance avec l'actualité.

Des personnages dans l’ombre avec une bougie à la main, portant un tee-shirt noir floqué «Justice pour Adama». On est en 2016 et ça se passe sur Instagram. En soutien aux injustices sociales, Blachette (Camille Blache) prend position sur l’affaire Adama Traoré, un jeune homme mort cette année-là lors de son interpellation par les gendarmes dans le Val-d'Oise. Pourquoi ce coup de gueule ? «J’ai connu le racisme à travers mon entourage, parce que la majorité de mes amis venaient de milieux différents et avaient des origines différentes. Je côtoie les gens sans forcément regarder leur couleur ou leur religion. C’est ce qui fait que je suis sensible à ces sujets et ça se voit dans mes dessins», confie l’illustratrice originaire de Perpignan. 
Sur Instagram, le média Fumigène, né dans la banlieue de Caen, repère son talent. Elle est la seule illustratrice de ce magazine trimestriel qui essaye de réconcilier médias et banlieues. «Je me reconnais complètement dans leur ligne éditoriale. Ce que j’aime, c’est leur côté militant et vrai.» Dans ses illustrations, elle y propose une lecture positive à travers «des portraits de féministes et de personnes issues de quartiers populaires et de l’immigration, qui ont réussi dans des secteurs autres que ceux que les médias peuvent mettre en avant». 
Outfits et BD
Blachette s’est formée en autodidacte. Sa montée à Paris pour intégrer une école de commerce a été un déclic. «J’ai commencé à lire la presse et je me suis rendue compte du traitement médiatique qui était fait.» Sur ses réseaux, l'illustratrice et bédéiste en freelance depuis 2017 penche pour les «outfits» et les bandes dessinées. «Je me pose dans le métro et quand je vois une personne avec un look qui me plaît, je m’amuse à la croquer puis à la dessiner et à la coloriser sur tablette. La version digitale, c’est ce qui marche le plus sur Insta.» Jeunes femmes dessinées de plain-pied, parfois de couleurs ou portant le voile, en tenue sportswear ou décontractée. Elles sont le reflet du brassage culturel et intergénérationnel du métro parisien. «Une fois, une marque m’a fait comprendre que j’étais trop engagée pour elle.» 
En attendant, Adidas a été le premier annonceur à collaborer avec la banlieusarde du 92. D’autres marques majeures du secteur (Foot Locker et JD Sports) suivront. Inspirée par Pénélope Bagieu, Blachette pourra se vanter d’avoir édité à 29 ans un roman-graphique avec Rokhaya Diallo, journaliste et militante féministe. L’œuvre sortira avant fin 2020 aux éditions Marabout. L’ambition de Blachette reste belle, bien intacte et salutaire. 

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