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Avis d’expert  

« Cette campagne ne cible que le critère ethno-racial» 

Jean-François Amadieu, sociologue, spécialiste des discriminations, auteur de DRH le livre noir, éditions du Seuil, 2014

 

Cette campagne peut-elle faire reculer les discriminations à l’embauche ?

JEAN-FRANCOIS AMADIEU. Je trouve cela étrange de centrer ces initiatives anti-discrimination sur une seule dimension : le critère ethno-racial. Cette campagne ne porte que sur cette thématique. Une variable qui ne concerne que 6 % de population. Or pour susciter la mobilisation, une campagne de lutte contre les discriminations devrait rassembler, afin que tout le monde se sente concerné.

Ils auraient dû à mon sens élargir à d’autres angles de discriminations, ce serait plus efficace. En revanche, cette campagne n’insiste pas sur le caractère illégal de telles pratiques discriminatoires et je pense que l’agence a eu raison car tout le monde est déjà au courant que c’est pénalement répréhensible.



La publicité peut-elle modifier les pratiques de recrutement ?

JF. A. Il y a deux dimensions dans les discriminations : elles peuvent être inconscientes, liée à des stéréotypes. Et puis une partie d’entre elles relèvent d’une décision consciente de ne pas prendre certains profils : en raison de leur âge, patronyme, adresse, genre... Des choix qui peuvent être dictés par le souci des réactions des clients, par exemple. Dans un cas comme dans l’autre, il s’agit d’idées profondément ancrées et ce n’est pas évident de les modifier par une campagne de communication. D’ailleurs les études régulières publiées sur les stéréotypes et préjugés dans le recrutement, montrent que même sur le long terme, ils évoluent très peu.  

Le gouvernement devrait davantage aider et inciter les employeurs à utiliser des techniques de recrutement non discriminantes : des tests de mise en situation, par exemple.

 

Les discriminations en chiffres

85% des demandeurs d’emploi estiment que les discriminations à l’embauche sont fréquentes (8e Baromètre DDD/OIT de perception des discriminations dans l’emploi (Ifop), 13 février 2015). Pour 88 % des sondés, l’âge au-delà de 55 ans est le facteur le plus discriminant, devant le fait d’être enceinte (85 %), d’être handicapé (77 %) ou obèse (75 %). Bien qu’en recul (- 5 points par rapport à 2013), le fait d’être une femme reste un inconvénient à l’embauche pour 37 % des sondés. L’origine est également un facteur qui reste discriminant. Ainsi, 66 % des demandeurs d’emploi pensent qu’un nom à consonance étrangère peut être un frein pour trouver un travail. Enfin, 62 % des sondés estiment que la couleur de peau peut être pénalisante. La discrimination à l’embauche est souvent vécue comme un traumatisme : 43% des victimes ont par la suite abandonné leur recherche d’emploi.

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La publicité peut-elle lutter contre les discriminations?

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