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Le développement durable s'invite à la fête

15/11/2007 - par Patrick Cappelli

Les différents corps de métiers se préparent à honorer des cahiers des charges plus contraignants en matière de respect de l'environnement.

Pour les agences d'événementiel, le développement durable est déjà sur les rails. Le respect de l'environnement est aujourd'hui au coeur de leurs préoccupations, comme le prouve la création du site Eco-evenement.org, sous-titré « Les professionnels de l'événement se mobilisent pour le développement durable » (cf. Stratégies n° 1471). Autre signe : les Grands Prix Kréa, qui seront décernés le 6 février 2008 par l'Anaé et Bedouk Meetings&Events Media, comprendront une nouvelle catégorie consacrée à ce thème.

La tendance est en train de gagner les prestataires de l'événement. Ceux-ci sont en effet de gros producteurs de déchets, qu'ils soient traiteurs (vaisselle jetable en plastique, emballages et déchets alimentaires), professionnels de la décoration (mobiliers usagés, débris divers) ou de l'aménagement (matériaux de construction, toiles de chapiteaux enduites de produits chimiques, etc.). Même les prestataires techniques spécialisés dans la lumière et le son cherchent à réduire leurs émissions polluantes : « En installant un onduleur entre le fournisseur d'électricité et le groupe électrogène de secours, on peut éviter de faire fonctionner le groupe en permanence, ce qui est une source de pollution », explique Stanislas Surun, directeur associé de la société Magnum.

Dans l'univers de la décoration, la prise de conscience est aussi à l'ordre du jour. « Depuis un an, nous essayons d'intégrer une démarche d'écoconception, depuis l'achat jusqu'au stockage en passant par le transport », explique Lucille Valentin, chef de produit chez GL Events. En pratique, cela se traduit par l'emploi d'encres non polluantes, de papier recyclé, par l'utilisation d'une gamme de mobilier en carton, de meubles en plastique monobloc facilement recyclables, etc.

Des contraintes de sécurité difficilement adaptables

Mais pour d'autres professionnels, il n'est pas facile d'intégrer cette thématique. Ainsi, chez Jaulin, qui crée et installe des chapiteaux, podiums ou scènes, les contraintes de sécurité ne facilitent pas l'emploi de matières écocompatibles. « Nous avons, par exemple, une obligation d'ignifugation des toiles, moquettes, etc. Cela nécessite de les enduire avec des produits qui sont polluants, reconnaît Nadine Jaulin, directrice commerciale. Ainsi, pour le bois, soit il est rendu " non-feu " [ininflammable ou incombustible] avec des produits chimiques, soit nous utilisons du bois lourd, et cher, tel le chêne. »

Mais les différents corps de métiers sont bien conscients que ce souci du développement durable va s'imposer peu à peu. Franck de Caneva, directeur associé de Vision Event (lumière et son), prédit que cet aspect va devenir incontournable : « Nous réfléchissons sur l'optimisation énergétique de nos matériels. Je suis persuadé que, bientôt, les cahiers des charges incluront cette obligation de respect de l'environnement. »

Stéphane Kerdraon, directeur communication et marketing d'Options (décoration et signalétique), va dans le même sens : « Les annonceurs vont demander des stands écoconçus, surtout les sociétés importantes du CAC 40 à cause de la loi NRE (1). Il est de plus en plus difficile pour elles de présenter leur rapport annuel sans un prestataire labellisé « Développement durable ». » Il a donc pris les devants. En interne par la sensibilisation de ses salariés sur le tri du papier ou la récupération des encres et autres piles, mais aussi vis-à-vis de ses clients en développant une « prestation verte » : « Nous allons nous servir de véhicules qui roulent au biocarburant, utiliser le moins de papier possible, placer des poubelles de tri sélectif lors des événements... »

Les parcs d'expositions et autres palais des congrès ne sont pas en reste. « Nous évacuons beaucoup de moquette, des milliers de mètres carrés. Nous essayons de les recycler pour un second usage », détaille Yves Asseline, vice-président de Foires, salons et congrès de France (FSCF). Certains parcs, comme ceux d'Angers et de Lyon, ont mis en place des tris sélectifs de leurs déchets. De même, les traiteurs s'y mettent. « Il y a une demande forte sur les produits issus du commerce équitable », estime ainsi Xavier Bellet, fondateur du traiteur Cannelle&Safran, qui a un projet de « cocktails citoyens », avec des poubelles sélectives pour les divers déchets (piques en bois, serviettes en papier, pipettes en plastique, etc.). « Nous voulons responsabiliser les clients et les consommateurs sur le traitement des déchets », affirme-t-il.

L'association Traiteurs de France, qui regroupe trente-neuf professionnels de toutes les régions, s'est dotée d'un vice-président chargé du développement durable. Pour Éric-Helen Louis, président de l'association et d'Helen Traiteur, société implantée dans la région Sud, cette thématique est « plus large que le simple commerce équitable ou le traitement des déchets. Il y a aussi l'aspect social, avec une charte sur la sécurité et les conditions de travail. »

Anne Guyon, directrice des relations extérieures de Dalloyau, explique pour sa part que « pour 2008, les briefs mentionnent souvent le développement durable. Ce sera la préoccupation des clients pour les années à venir, associée au biologique. » L'entreprise Éthique et Toques revendique même le label de « traiteur bio équitable, engagé pour le développement durable ». Fondée en 2005 par Henri de Guitaut et Rémy Dombret, cette société propose des prestations « qui n'utilisent que des matières premières issues du commerce équitable et de l'agriculture biologique » et reverse 2 % de son chiffre d'affaires à des associations oeuvrant pour le commerce équitable.

Les annonceurs seront-ils prêts à payer plus cher pour bénéficier d'un service « vert » ? « Les clients ne sont pas toujours prêts », estime Lucille Valentin, de GL Events. Philippe Focard de Fontefiguières, PDG de Karé Magik et de l'Atelier Barok, deux espaces de réception de l'ouest parisien, est plus direct : « Le développement durable, c'est 15 à 20 % de coût supplémentaire. Les clients veulent bien qu'on le respecte... si c'est au même prix que la prestation normale ! »

(1) La loi sur les nouvelles régulations économiques de 2002 fixe l'obligation, pour les sociétés françaises cotées sur un marché réglementé, de rendre compte dans leur rapport annuel de leur gestion sociale et environnementale.

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