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La presse écrite sous haute tension

07/05/1999

La treizième édition du Salon international du livre et de la presse de Genève vient de s'achever. À juger la taille des stands et le nombre d'éditeurs de presse présents, on comprend mieux l'importance de l'écrit dans ce pays, où l'on ne compte pas moins de 357exemplaires de journaux diffusés pour 1000habitants (contre 182 dans l'Hexagone). Cette profusion de titres a pour corollaire un marché annonceur très favorable à la presse écrite. L'an dernier, 46,76% des investissements publicitaires ont été attribués à la presse quotidienne et 17,56% à la presse magazine(étude Média Focus 1999). Cette longueur d'avance du print sur les médias électroniques n'est pourtant pas synonyme de stabilité. Il ne se passe plus une année sans que des publications naissent ou disparaissent. En 1997, l'annonce de la création du quotidienLe Tempspréfigurait la fin duJournal de Genèveet duNouveau Quotidien. «Les éditeurs de ces deux journaux ont eu le courage de ne pas attendre que leurs publications meurent pour réunir leurs forces»,relève Éric Hoesli, directeur et rédacteur en chef duTemps.Et du courage, il en fallait! En effet, mettre un terme à l'histoire duJournal de Genève,une institution datant de 1826, n'était pas chose aisée. Pour preuve, la grève des signatures des journalistes de la rédaction et les diverses prises de positions d'intellectuels genevois décriant les méfaits de la «pensée unique». Mais rien n'y fit! Les banquiers privés de la cité de Calvin ne voulaient plus éponger les dettes de «leur» journal. Du côté de l'éditeur vaudois Edipresse, le constat était également purement économique. En six ans,Le Nouveau Quotidien,qui avait réussi à trouver un public, n'était toujours pas sorti du rouge. Dès lors, était-il raisonnable d'avoir deux quotidiens de «qualité» pour un marché de 1,6million d'habitants? La logique financière fit naître, en guise de réponse, le quotidienLe Temps,le 18 mars 1998. La guerre des féminins Profitant du mécontentement causé par la disparition duJournal de Genève,un autre éditeur, Roland Ray (Promoguide), s'empressa de lancer, avant l'été 1998, un quotidien dominical, baptiséInfo Dimanche. L'idée n'était pas complètement saugrenue, car seulLe Matin Dimanche,du groupe Edipresse, était proposé ce jour-là aux lecteurs suisses romands. Tirée à 226465exemplaires, cette publication très grand public atteint une audience de 619000lecteurs et une pénétration de 50,30% en Suisse romande. Malgré cette forte implantation, les études de marché semblaient prouver qu'il y avait encore de la place pour un autre titre à Genève. Mais les annonceurs n'ont pas suivi et la rédaction d'Info Dimanchea dû mettre la clé sous la porte au mois de mars dernier. Un autre match tient en haleine, depuis l'automne 1998, les observateurs des médias, celui des féminins. Jusqu'en 1998,Fémina,qui est encarté dansLe Matin Dimanche(groupe Edipresse), était le seul magazine suisse romand à s'adresser principalement aux femmes. Toutefois, son mode de diffusion (encart) et son positionnement relativement populaire n'ont pas permis de verrouiller la niche haut de gamme, qui représente un potentiel de 103000femmes disposant d'un revenu de 6000 à 8000 francs suisses. De quoi susciter l'intérêt des éditeurs. Éric Valette a donc lancéProfil Femmeet le groupe Ringier RomandieEdelweiss.Existe-t-il de la place pour trois magazines féminins? Il faut croire que oui puisque, seulement sept mois après son lancement,Edelweissrevendique une diffusion de 30000ex. avec une moyenne de 35pages de publicité vendues par numéro, et queProfil Femmeannonce quelque 22000exemplaires. L'année des grandes manoeuvres L'année 1999 sera celle des changements de maquettes pour les titres du groupe Edipresse, désormais dirigés par Théo Bouchat, le nouveau directeur des publications suisses. Redessinée voici quelques semaines,La Tribune de Genèvelaisse une place plus importante au cahier local. Une manière de se repositionner par rapport au journalLe Temps?«Nous avons souhaité accorder une attention toute particulière aux préoccupations des Genevois,explique Théo Bouchat.Ce qui ne dispense pas ce quotidien de continuer à remplir son rôle de journal complet, à l'intérieur duquel thèmes et acteurs politiques, économiques et culturels du pays ont un rendez-vous. Une fonction dontLe Tempsn'a pas le monopole.»24Heures,le pendant vaudois deLa Tribune de Genève,va changer de maquette au début du mois de juin etLe Matindevrait suivre. Chez Ringier Romandie, Gilles Marchand a succédé à Théo Bouchat à la direction des magazines romands du groupe(L'Hebdo, Illustré, TV8, Edelweiss).Après avoir été monopolisée par le lancement d'Edelweisset le changement de maquette deTV8,le seul magazine de télévision payant du marché, l'équipe de Ringier porte désormais une attention toute particulière au multimédia. Fin avril, la nouvelle présentation du site Web de Ringier Romandie (webdo.ch) s'est accompagnée du lancement d'une version magazine,Webdo Mag,et de la création d'une publication business to business,Webdo Expert. «Cet été,explique Gilles Marchand,nous nous préoccuperons tout particulièrement de notre news magazine,L'Hebdo.Nous devrions développer sa rubrique économie l'automne prochain.»Une véritable problématique d'actualité puisque le groupe Ringier a annoncé publiquement son intérêt pour la presse économique et semble étudier diverses variantes. D'autres groupes se profilent également sur ce terrain.L'Agefi,le quotidien des affaires et de la finance, qui connaît depuis la disparition duJournal de Genèveun spectaculaire développement de ses revenus publicitaires, a revu sa mise en page. Son éditeur, Alain Fabarez, n'exclut pas d'ouvrir son capital et pourrait nouer des alliances.PME Magazinea été vendu, avec l'ensemble du groupe HandelsZeitung, à l'éditeur allemand Alex Springer. Quant au journalLe Temps,il n'entend pas se laisser concurrencer sur ce terrain et étudie la création d'un supplément économique pour l'automne prochain (cf. entretien avec le rédacteur en chef du titre page ci-contre). Pour le moment, personne n'a encore bougé, car les enjeux sont de taille et le marché bien restreint. Une position d'attente partagée par Théo Bouchat qui, avec son mensuel économiqueBilan,est l'un des acteurs incontournables de la presse économique.«Entre parler et réaliser, il y a souvent un monde»,constate-t-il.

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