Vous êtes ici

Pour bénéficier des alertes ou des favoris, vous devez vous identifier sur le site :

Vous avez déjà un identifiant sur stratégies.fr ? Identifiez-vous

Pas encore d'identifiant ? Créez vos identifiants

Réseaux sociaux

Family Coste, la fibre hippie

14/09/2020 - par Cécilia Di Quinzio

De la communauté d’abonnés sur YouTube à la construction d’une communauté alternative au Mexique, bienvenue dans l’univers de la Family Coste. Une famille d’influenceurs qui a choisi de quitter le système pour vivre plus librement. D'abord via le voyage, à bord d’une caravane de 40 m2, puis par la création d’un village autonome.

Décriée autant qu'adorée, la Famille Coste est une famille d'influenceurs qui oscille entre contenus écolos et partenariats avec des marques de grande consommation comme celui avec Ali Express récemment, qui a créé la polémique

«Nous avons comme projet de lancer un éco-village avec vous, qui nous regardez», c’est en ces termes, à la toute fin d’une vidéo de cinquante minutes, qu’Audrey et Sébastien Coste annoncent à leurs abonnés leur nouveau grand projet de vie, qui va venir bouleverser la ligne éditoriale de leurs médias.

«Family Coste», c’est Sébastien, Audrey, et leurs trois enfants, Eleanor, Timothy et Louison, mais c’est aussi une chaîne YouTube (250 000 abonnés), un compte Instagram (120 000) ou encore un blog, où ils partagent leur quotidien. «Family Coste», c’est aussi, comme ils le soulignent avec franchise, un «business»: c’est grâce aux revenus tirés de la création de contenus sur les réseaux sociaux qu’ils ont pu, en 2016, tout plaquer pour partir vivre plus librement. Un pari qui a porté ses fruits car en quelques mois, la famille a réussi à séduire une communauté de «viewers» fidèles, baptisés les «compagnons», et très rapidement, les marques aussi, pour organiser des collaborations publicitaires. Il faut dire que leurs vidéos sont passionnantes: à bord de Liberty, leur caravane de 40m2, la tribu sillonne le continent américain, notamment l’Amérique centrale. Ce sont donc des contenus liés au voyage que l’on trouve majoritairement sur leur chaîne, mais également des vidéos de rénovation de leur caravane, d’instruction des enfants à domicile, de grossesse (Audrey a accouché de son troisième enfant dans la mer), des récits de vie (storytime), etc. Et désormais, depuis le 22 mars dernier, de la création d’un village autonome au Mexique avec des abonnés. Des «castings» pour recruter des villageois à la recherche de terrain, en passant par la construction des habitations, «Family Coste» se consacre désormais à la réalisation de ce projet un peu fou d’une communauté aux allures utopiques. Sébastien et Audrey, en plein travaux, ont posé pelles et pioches pour répondre aux questions de Stratégies

Quels sont les liens entre votre initiative de communauté alternative, que vous êtes en train de sortir de terre, et vos communautés sur les réseaux sociaux?
D’abord, nous préférons le terme de «village» plutôt que celui de «communauté», afin d’éviter toute connotation sectaire. Ensuite, attention, en aucun cas nous ne souhaitons fonder un village «Family Coste», c’est un projet parallèle à notre business de base, à savoir la création de contenus sur les réseaux sociaux. Cependant, ce projet est bien sûr basé sur notre audience. Les villageois qui nous ont rejoint nous connaissaient déjà, suivaient nos aventures sur les réseaux sociaux. Ils partagent donc nos valeurs, notre vision. Notre appel à candidatures sur notre chaîne YouTube a naturellement attiré des personnalités et des modes de vie potentiellement proches des nôtres, ce qui a évidemment simplifié les prises de décisions qui sont toujours plus évidentes avec des gens qui partagent les mêmes envies de départ. La sincérité que nous mettons dans nos médias, c’est notre force, la motivation pour faire venir des gens jusqu'au Mexique: certains ont vendu leur maison, quitté leur emploi, investi leurs économies pour acheter avec nous le terrain, sans même l’avoir encore vu de leurs yeux. 

Comment a émergé ce projet dans vos esprits?
C’est une somme d'expériences qui nous a naturellement amenés sur ce chemin. Il y a une volonté de sortir du système, c’est sûr, qui s’est accentuée avec la crise du Covid-19 que nous traversons. C’est aussi une recherche d’une existence d'avantage en accord avec nos valeurs. Nous sommes convaincus que nos sociétés se dirigent vers une forme d’effondrement mondial, et que l’avenir se situe dans une reconnexion avec la nature et les gens. Notre projet a pour but de nous préparer à ce monde d’après mais également d'inspirer d’autres personnes à des solutions alternatives.

Quelles sont les spécificités de votre village autosuffisant par rapport aux modèles existants?
Souvent, les projets alternatifs se construisent en opposition avec la société, et prônent un certain retour en arrière. Ce n’est pas notre cas. Nous ne voulons pas renier ce qui existe, et si nous souhaitons en effet vivre plus simplement, nous n’excluons pourtant pas la technologie, tant qu’elle est mesurée. Par exemple, pour notre activité d’influenceurs, nous avons besoin d’internet et de la fibre. De même, nous pensons aussi qu’il est possible d’installer un climatiseur chez soi au sein du village. Notre charte est très claire sur ce point: nous sommes sensible à l’écologie, elle doit guider toute nos décisions. Entre deux options, nous choisirons toujours l’alternative la plus respectueuse de l’environnement. Mais nous ne renonçons pas à une certaine forme de confort pour autant. Une autre de nos spécificités est de concevoir un lieu qui permette de s’isoler, tout en étant en communauté: chacun chez soi mais tous ensemble. Cette notion de liberté est primordiale.


Existe-il des similitudes entre la gestion d’un village et celle d’une communauté digitale?
Pas vraiment. Animer une communauté d’abonnés, répondre aux commentaires, modérer les échanges, donner des informations… C’est une relation assez unilatérale, finalement. Faire partie d’un groupe réel est bien plus complexe, demande un très grand travail sur soi, beaucoup de dialogue, de compromis, etc. Ici, nous ne sommes plus seuls décideurs, mais au contraire dans une logique de hiérarchie horizontale. Notre voix compte autant que celle des autres.

Comment votre audience réagit-elle à votre changement de ligne éditoriale?
Nous avons toujours dit que Family Coste n’est pas une chaîne voyage mais plutôt une chaîne dédiée aux changements de mode de vie. Notre nouvelle sédentarité ne peut bien sûr pas plaire à tout le monde, mais elle attire de nouvelles personnes, intéressées par exemple par des thématiques liées aux travaux, aux logements alternatifs (Tiny Houses, habitats écolos…), à l’environnement, à la permaculture… Nos vidéos continuent de sortir une fois par semaine, et à la manière d’une série, nous partageons les hauts et les bas de cette aventure si particulière. Il s’agit d’ailleurs d’une des conditions sine qua non, inscrite dans la charte, que les autres villageois acceptent d’apparaître dans nos vidéos, car notre activité professionnelle va se poursuivre. C’est ce business qui permet pour beaucoup au village de se financer. Nos relations avec les marques et les partenariats sont toujours au beau fixe. À noter qu’il est spécifié dans la charte que les autres villageois n’ont pas la possibilité d’ouvrir une chaîne YouTube sur les mêmes domaines que les nôtres pour des questions de concurrence.

Plus concrètement, où en êtes-vous de la construction du village?
Nous venons d’acquérir un terrain dans l’état du Yucatan, nous sommes en pleine rénovation des espaces communs. Nous sommes aujourd’hui onze unités (une unité par foyer), chacune des unités a le même poids dans les décisions. Tout le monde a le même statut au sein de l’association. Pour l’heure, une seule famille nous a rejoints au Mexique, mais quatre autres unités arrivent en septembre. Plusieurs candidatures sont en attente, mais avec les travaux, nous n’avons pas encore eu le temps de les traiter. Mais ce qui est sûr, c’est que la communauté va encore grandir.

Envoyer par mail un article

Family Coste, la fibre hippie

Séparer les adresses par des virgules
M’envoyer une copie par e-mail
Email this Article

Thank you for your interest in spreading the word about Stratégies.

NOTE: We only request your email address so that the person you are recommending the page to knows that you wanted them to see it, and that it is not junk mail. We do not capture any email address.