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Ersatz musicaux

12/05/2005

Vous avez raté les Beatles, Janis Joplin ou Abba sur scène ? Les spectacles hommages arrivent en France pour réparer cette lacune. Des concerts prisés par les jeunes... et leurs parents.

Waterloo, Dancing Queen, Fernando, I do I do I do...Sur la scène, deux filles et deux garçons enchaînent les tubes. Vous les avez reconnus : ce sont Anni-Frid, Agnetha, Björn et Benny, c'est-à-dire Abba. Enfin presque. Il s'agit en fait d'Abba Mania, qui, en parodiant une célèbre publicité, a le goût d'Abba, la couleur d'Abba, mais n'est pas Abba. Dans leur spectacle, ces quatre Anglais reprennent, en direct, les tubes du groupe suédois des années quatre-vingt. Habillés comme eux et adoptant le même jeu de scène, ce ne sont pas des sosies à proprement parler. Plutôt des clones.

Abba Mania n'est pas seul sur ce créneau « revival on stage ». Il y a récemment eu « Elvis », à Bercy, et bientôt « Genesis », version fin des années soixante-dix, époque Peter Gabriel, qui se produira à l'Olympia, les 17 et 18 mai, dans un spectacle intitulé Musical Box. La salle de spectacle accueillera aussi le Legend Music Shows, les 19, 20 et 22 juin. Des soirées hommages où se retrouveront « Pink Floyd », phase psychédélique, « AC/DC », période Bon Scott, et « Janis Joplin ».

Reconstitutions historiques

« Abba Mania tourne avec succès en Europe, notamment en Grande-Bretagne et en Allemagne, depuis quelques années,explique Didier Hunsinger, directeur associé de Music Machine, producteur du spectacle.En France, c'est tout nouveau. Il est d'ailleurs amusant de noter que les trois concerts parisiens d'Abba Mania ont rassemblé plus de spectateurs qu'avait pu le faire les vrais Abba en leur temps. »

Ce succès a même dépassé les dirigeants du palais des Sports de Paris.« Le bouche à oreille a bien fonctionné et le public est venu en bandes »,indique une responsable de la salle de spectacles.« Nos concerts attirent un public très familial,reprend Didier Hunsinger.Il y a les quinquagénaires et les quadragénaires, qui ont connu et apprécié le groupe à leur époque. Et il y a leurs enfants. L'ambiance est très festive, voire hystérique. Les gens se rencontrent autour des mêmes goûts musicaux. »Mieux : beaucoup n'hésitent pas à venir déguiser, comme la plupart des 22 000 spectateurs de l'Abba Party, qui se tient tous les ans à Berlin, en Allemagne.

« Il y a un peu de nostalgie dans ces concerts,estime Mike Wagner, directeur de l'antenne de Nostalgie.À l'époque, les messages des chansons étaient positifs, contrairement à des genres, plus actuels, comme le rap, qui évoquent plus la colère. C'est ce qui explique, à mon sens, le succès des années soixante-dix et de films commePodium.Mais, à la base, il y a toujours la puissance de la musique, des chansons et notamment de ces tubes transgénérationnels. »

Maurice Suissa, promoteur du Legend Music Shows, confirme : la nostalgie n'est pas l'élément principal de la réussite de ces spectacles.« Il y a seulement des valeurs sûres et la recherche de repères,affirme-t-il.Aujourd'hui, nous sommes trop conditionnés et dans un monde de consommation jetable, notamment en musique, où il existe un pillage des répertoires. »Attention, pour lui, ces concerts hommages ne sont pas des copies. Maurice Suissa préfère parler de« restitution ».Du coup, pour ne pas mélanger les genres, le producteur n'accepte aucun sponsor.« Nous nous adressons à une clientèle frustrée qui n'a souvent pas pu voir les vrais artistes à l'époque,poursuit-il.Je compare ces soirées au ciné-club. Un film commeCasablancapermet de retrouver des repères. Nous transmettons un patrimoine. »

Certains spectacles ont même l'aval des artistes originaux, comme Musical Box, qui reprend l'opéra rockThe Lamb Lies Down on Broadway,joué par Genesis entre 1973 et 1975. Les cinq Québécois du groupe s'acquittent d'une licence exclusive auprès des anciens membres de Genesis.« Ils ont gardé le respect de l'oeuvre,assure Aurore Narcy, productrice du concert en France et en Belgique.Il s'agit d'une reconstitution historique. »L'effet est tel que Phil Collins, le batteur et chanteur de Genesis, les a même rejoints sur scène lors d'un concert en Suisse, en février dernier.

Artistes de légende

Pour les professionnels, le succès de ces spectacles tient à deux raisons. Premièrement, ces groupes sont dissous ou ces artistes ont disparu depuis quelques décennies. C'est le cas pour Elvis Presley, décédé en 1977, les Beatles, dissous en 1970, ou AC/DC, dont le chanteur emblématique, Bon Scott, est mort en 1980. En revanche, cela ne fonctionnerait pas avec le groupe Téléphone, qui, malgré une séparation en 1985, existe toujours au travers de ses membres séparés, et notamment Jean-Louis Aubert, qui en reprend les tubes lors de ses concerts.

Deuxièmement, ces groupes et ces artistes sont populaires et reconnus, voire légendaires.« Ce type d'exercice n'est possible qu'avec des artistes possédant de nombreux tubes, car ils restent éternels »,confirme Mike Wagner (Nostalgie). Ce regain d'intérêt pour les groupes mythiques correspond aussi aux goûts d'une génération qui a grandi dans les années soixante-dix aux riffs des guitares.« Le retraité de demain ne sera plus l'accro des musiques de guinguettes, mais il sera rock'n roll,affirme Maurice Suissa.La culture musicale reste, malgré les années. »

En savoir +

www.abbamania-europe.com

www.aurock.com

www.themusicalbox.net

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