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Emploi

Handicap et agences : où en est-on ?

09/03/2020 - par Katia Dayan, fondatrice de l'agence Les Papillons de Jour

Alors qu’il promeut une approche toujours plus inclusive et engagée de la société, le secteur de la communication est-il exemplaire en matière de handicap ?

L’article premier de la Déclaration universelle des droits de l’Homme stipule que « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits ». Mais est-ce vraiment le cas pour les personnes en situation de handicap ? Sept décennies plus tard, il va de soi -et c’est un euphémisme- que la réponse est non. Triste constat alors que le sujet est d’envergure. Selon une étude menée par le ministère du Travail en 2015, 5,7 millions de personnes de 15 à 64 ans indiquent souffrir d’une maladie ou d’un problème de santé chronique les limitant depuis au moins six mois. Soit 15% de la population. Aborder ce sujet, c’est donc s’intéresser à un très grand nombre de personnes et mettre le doigt dans la plaie des promesses non tenues.

Promesses envolées

Car quinze ans après l’adoption de la loi handicap et trente après l’instauration de l’obligation d’emploi de 6% de personnel en situation de handicap pour les entreprises de 20 salariés ou plus, un constat s’impose : les inégalités demeurent. À tel point qu’Emmanuel Macron, à l’occasion de la Conférence Nationale du Handicap du 11 février dernier, a détaillé une série de mesures concernant entre autres le développement de l’apprentissage et l’accès à l’éducation pour les enfants en situation de handicap à la rentrée 2020. Et de marteler : « Les handicapés ont droit à une vie de dignité, une vie de liberté, une vie comme les autres, au milieu des autres ». De fait, éducation, emploi et accessibilité restent des sujets non résolus. Avec un taux de chômage deux fois plus élevé que la moyenne nationale et un accès aux études supérieures encore très limité, le handicap constitue un frein important pour se former et trouver un emploi. Ce qu’illustrent une nouvelle fois les chiffres. En 2017, année où 2,8 millions de personnes ont obtenu une reconnaissance administrative de leur handicap (7% de la population), le taux de chômage était de 19% (contre 9% pour le tout public) avec 35% des personnes handicapées employées, soit 981 000 personnes, selon l’Agefiph. Concrètement, la hausse du nombre de personnes reconnues handicapées (+400 000 en quatre ans) s'accompagne d'un pourcentage stable de personnes en emploi et au chômage. Le décalage entre les paroles et les actes n’épargne donc personne, y compris les communicants, qui prônent au quotidien des valeurs telles que l’inclusion ou la bienveillance. Mais les agences montrent-elle l’exemple en la matière ? Premier constat : avec aujourd’hui 3% des postes occupés par des personnes en situation de handicap au sein des agences membres de l’AACC, la communication est légèrement en-deçà de la moyenne, qui se situe pour rappel aux alentours de 3,4% pour le secteur privé et de 5,5% dans le secteur public. Dans le détail, ce sont ainsi 57% d’employés, 28% de techniciens agents de maîtrises et 15% de cadres qui sont concernés.

Enjeux à tous les étages

Conscient de ces enjeux tant pour son propre compte que pour celui de ses clients, le secteur de la communication s’est emparé du sujet, à l’image de la création de la division RSE Développement Durable de l’AACC il y a une dizaine d’années. Celle-ci a mené différentes actions en relation avec la problématique du handicap, comme la création d’un guide (« Le handicap, mettre en place une démarche simple et concrète ») pour accompagner les agences souhaitant s’engager dans une démarche de sensibilisation active. Dans la continuité de son action, mais aussi pour répondre à la demande des annonceurs et témoigner de l’engagement des agences en termes de RSE, l’AACC a récemment construit en partenariat avec AFNOR Certification un référentiel RSE adapté à la réalité́ des métiers et des acteurs du secteur. Cet élément est particulièrement important puisque les agences titulaires du label peuvent l’utiliser dans les réponses aux appels d’offres ainsi que dans leurs rapports d’activités respectifs. « Nous avions besoin d’un référentiel RSE véritablement adapté à nos métiers. C’est un facteur clé́ de la transformation de notre secteur et de la performance de nos entreprises. Les annonceurs doivent pouvoir valider l’intégration des enjeux de la RSE par leurs partenaires », témoigne Gildas Bonnel, président de la commission RSE de l’AACC et de l’agence Sidièse. Cette problématique de l’emploi et donc de la reconnaissance, qui vient s’inscrire dans la responsabilité sociétale des entreprises (RSE), devient parallèlement un élément de différenciation. Y compris pour recruter. « Pour aller plus loin, plus haut, une société a besoin de valeurs fortes et partagées », estime ainsi l’anthropologue Charles Gardou, professeur à l’université Lumière Lyon 2 et chargé d’enseignement à l’Institut de sciences politiques à Paris, qui fonde dans ces valeurs communes un réel espoir. Une étude menée en 2017 par le cabinet Deloitte ne le fera pas mentir puisqu’il suggère que la génération Y accorde une place importante à l’éthique. En effet, 56% des jeunes issus de cette génération souhaitent choisir leur employeur en fonction de critères tels que sa conduite et ses valeurs. Et près de la moitié d’entre eux (49%) disent avoir refusé des missions ne correspondant pas à leur éthique ! La grande majorité des jeunes ayant répondu estime par conséquent que la réussite d’une entreprise devrait être également mesurée sur des critères autres que financiers : développement des talents, comportement et contribution à l’évolution de la société…

Moteur d'attractivité

Dans ce contexte, la RSE apparaît comme le nouvel or moral. Elle représente un véritable objectif de communication ainsi qu’un levier de développement incontournable pour les entreprises souhaitant valoriser leur image et séduire des talents de plus en plus vigilants quant à l’éthique et la transparence. L’emploi des personnes en situation de handicap devient aussi un critère de sélection des consommateurs et des donneurs d’ordre. On sait d’ailleurs qu’une marque ayant mis en place une politique ambitieuse d’emploi de personnes en situation de handicap obtiendra une meilleure image aux yeux des consommateurs. Soit autant de raisons pour les agences de se montrer encore plus exemplaires en la matière.

Chiffre clé

3% Part des postes occupés par des personnes en situation de handicap au sein du secteur de la communication d'après l’AACC

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