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Adrien Taquet (secrétaire d’État à l’Enfance) : « On a fait le pari de la confiance »

24/02/2021 - par Amaury de Rochegonde

Un mineur sur trois de moins de 12 ans a déjà vu des images porno, selon Adrien Taquet, secrétaire d’État à l’Enfance. C’est trois fois plus qu’en 2002. Pour sensibiliser les parents, une campagne et une plateforme viennent d’être lancées.

Une étude de Médiamétrie pour le CSA, en 2002, montrait que 11% des enfants de moins de douze ans ont déjà été confrontés à des images pornographiques. Est-ce que ça a empiré ?

Absolument. Cela concerne de plus en plus de jeunes et de plus en plus tôt. Un enfant sur trois a vu du porno à moins de 12 ans. C’est ce qui est inquiétant. Je n’ai rien contre le porno, mais que le cerveau d’un enfant de 11 ans soit exposé à ce type d’images relève d’une forme de violence.



C’est lié à l’évolution des technologies ?

Oui, la démocratisation d’internet a conduit à la généralisation du porno. Les sites de vidéos X ont le trafic le plus élevé dans le monde. Ils se démultiplient avec différents modèles économiques, ce qui fait qu’on est de plus en plus facilement exposés à ce genre de contenus.



Vous créez une plateforme de prévention vis-à-vis des parents. Vous pensez qu’ils ne sont pas suffisamment informés ?

Ils n’ont pas conscience qu’on puisse être confrontés aussi tôt à cette question. Les parents sont trois moins nombreux à penser que leurs enfants regardent du porno que ce que disent les enfants eux-mêmes. C’est pourquoi notre campagne vise à faire prendre conscience aux parents de la réalité du phénomène. Par ailleurs, nous mettons en place cette plateforme pour des parents que nous cherchons à alerter, pas à culpabiliser. Nous cherchons à leur apporter des solutions très concrètes pour les difficultés qu’ils rencontrent. En fonction de leurs usages, de leur équipement ou de l’âge de leur enfant, nous proposons des outils axés sur le contrôle parental. Il est utilisé par 40 à 45% des Français et je ne suis pas sûr qu’il soit mis sur tous les devices, notamment sur le téléphone portable des ados, l’iPad familial ou l’ordinateur dans la chambre de l’enfant.



Pourquoi ne régule-t-on pas par la loi ?

L’article 227-24 du code pénal dit depuis très longtemps qu’il est interdit d’exposer des mineurs à la pornographie. La loi du 30 juillet 2020, à la suite du Grenelle des violences conjugales, a en outre introduit deux articles qui responsabilisent et sanctionnent les sites qui ne mettent pas tout en œuvre pour l’empêcher. Elle réaffirme que disclaimer, ce panneau qui demande de cliquer pour dire qu’on a plus de 18 ans, ne suffit pas à répondre aux exigences du code pénal. Cela donne une base légale à des associations pour attaquer des éditeurs de contenus, ce que trois d’entre elles ont fait en attaquant huit sites français et étranger et en saisissant le CSA. Celui-ci peut mettre en demeure d’adopter des dispositifs réels et effectifs de protection des mineurs. Si cela n’est pas fait dans les quinze jours, le président du tribunal judiciaire est saisi et engage des poursuites.



Pourquoi pas un contrôle parental automatique par défaut ?

Il y a plusieurs volets : la prévention des enfants, la sensibilisation des parents, et la répression que j’évoquais à l’instant. Le président de la République a demandé de restreindre l’accès des mineurs à la pornographie. Effectivement, si les choses ne s’améliorent pas, on en passera par la loi avec un système de contrôle parental par défaut. On a fait le pari de la confiance en mettant autour de la table tous les acteurs de la chaîne de valeur (FAI, fabricants, moteurs de recherche, plateformes, associations familiales et industrie du porno). Un protocole a été signé pour limiter l’exposition des mineurs. La campagne et le site sont le fruit de ce travail. Avec le CSA et l’Arcep, un baromètre a été mis en place sur l’utilisation du contrôle parental. Il n’y a que 40 % des Français qui utilisent des contrôles parentaux et beaucoup ne sont pas activés. Dans six mois, on verra où on en est.



Le dispositif s’adresse aux parents. À l’époque du revenge porn sur TikTok, ne faut-il pas cibler les enfants et les ados ?

On le fait aussi. Sur la plateforme, un espace ressources va s’enrichir avec des vidéos, des podcasts, des livres, etc. Ce sont autant de prétextes et d’outils pour aborder ces questions avec les enfants. L'éducation à la vie affective et sexuelle, j’ai plutôt envie que cela se fasse entre les parents et les enfants, plutôt que par le porno. Sur l'école, on est en train de voir avec Jean-Michel Blanquer, ministre de l’Éducation nationale, comment intensifier la sensibilisation des enfants à toutes les violences dont ils peuvent être victimes. Cela concerne le porno et le cyber-harcèlement.



Il n’y a pas de cours pour sensibiliser aux dangers du numérique ?

Ce sont souvent les associations qui interviennent dans ce cadre-là, en tout cas sur le cyber-harcèlement. Mais on réfléchit à élargir le champ sur toutes les formes de violence sexuelle.

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