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Arnaud Mercier: «On joue avec les nerfs des Français»

04/02/2021 - par Amaury de Rochegonde

Arnaud Mercier est professeur à Paris 2-Assas. Il responsable de la licence communication de l'Institut français de presse. Pour Stratégies, il décrypte l'actualité des de la semaine.

L’annonce par Jean Castex de la décision du président de ne pas reconfiner

Une communication catastrophique ! On a d’abord été ambiancé par le JDD et d'autres. Conseil de défense après conseil de défense, il y a eu dramatisation et tension émotionnelle. Enfin, le premier ministre est venu annoncer des banalités. On joue avec les nerfs des Français. Cette dramatisation annule même l’effet attendu sur ceux qui pouvaient être satisfaits. Et la décision s’inscrit en faux contre les préconisations d’une grande majorité de la communauté médicale. Il y a une dimension de pari, car si les variants ont les conséquences qu’on a vu au Royaume-Uni, le président sera accusé d’avoir tardé à agir et d’avoir du sang sur les mains. Il fait un pari économique, mais c’est un pari très risqué. Ses atermoiements provoqueront un passif.

 

Le traitement de la pandémie par les médias selon le baromètre Kantar/La Croix ?

ll reflète un jugement très juste, une vision assez balancée. L’info de proximité, les Français en sont satisfaits. C’est la grande force des médias d’avoir basculé dans cette info service face à la menace. Mais sur les experts, ils pointent aussi une faiblesse. Les médias généralistes n’ont pas investi sur les questions scientifiques et de santé. Et il y a eu des erreurs de casting devant les blouses blanches et leur niveau de pertinence. Ils ont donné la parole à de supposés savants. Le professeur Toussaint est épidémiologiste, spécialiste de la physiologie du sport, donc des tendinites. Laurent Toubiana est docteur en astrophysique. Les médias ont rabattu les querelles scientifiques qui correspondent à des usages académiques sur le mode de la polémique. Certains défendaient un point de vue politique ou idéologique. D’où une impression de confusion. Le Parisien a même fait un sondage sur l’efficacité de l’hydroxy-chloroquine !

 

Facebook qui se retire de la politique et voit son conseil des sages invalider son retrait de certains contenus.

C’est l’illustration du caractère pathétique de la gestion de Mark Zuckerberg. Comme d’habitude, Facebook est en train de s’amender sous la pression des faits. Car c’est quand il y a des menaces politiques qu’il bouge. C’est une machine à cash qui n’a en réalité ni morale ni éthique et feint de se rendre compte que son algorithme pose problème. Elle n’avance que par scandales. Rue 89 a montré qu’elle avait été un excellent outil de recrutement de djihadistes. Il y a eu aussi les manipulations électorales en 2016, les live à Christchurch, les campagnes de haine contre les Rohingyas...  À chaque fois, Facebook promet de réguler. C’est une sorte de monstre algorithmique non transparent. Il peut décider de moins pousser des contenus politiques comme de moins exposer les médias, en réponse aux fake news qui renvoie à sa responsabilité face aux contenus qu’il diffuse. À chaque fois, plutôt que de passer sous le statut éditorial d’un média, la plateforme essaye de se défausser par l’éviction des contenus. Mais son conseil des sages mesure qu’il est difficile de déréférencer comme de fermer des comptes.

 

Le lancement de la chaîne éphémère Culture box pour pallier la fermeture des salles de spectacles.

L’exécutif attend des chaînes publiques qu’elles aient des missions de service public qui correspondent à des objectifs politiques. On l’a vu avec le fact checking face aux infox. Dans la culture, le gouvernement demande la mise en place d’un dispositif exceptionnel pour compenser l’effacement de la vie culturelle afin de rendre les choses un peu moins inacceptables.

 

La mise en vente du groupe M6 selon Reuters

L’annonce intervient dans un contexte de concentration et de réengagement de certains acteurs qui la rend crédible.

 

Les réseaux sociaux qui servent d’outils d’information et de mobilisation des jeunes en Russie.

C’est un sacré retour de boomerang. La Russie a utilisé Facebook ou Twitter pour pervertir les démocraties occidentales. Les outils des jeunes – TikTok, Telegram, YouTube - facilitent des mobilisations politiques inédites. Car ils permettent à des gens qui ne se connaissent pas de se retrouver sur des affinités communes et sur une organisation matérielle - on l’a bien vu avec les Gilets jaunes. Cela donne lieu à l’émergence de nouvelles formes de mobilisation, plus ponctuelles, plus fluides, plus éphémères et donc plus difficiles à contrôler. Pas étonnant qu’elles se développent en Russie où les médias sont presque tous contrôlés. Le coup de maître de Navalny, c’est d’avoir compris le profond dégoût des Russes envers une corruption politique générale. Sa vidéo très documentée sur la manière dont Poutine est arrivé au pouvoir, s’est enrichi et a créé un palais délirant sur les bords de la mer noire a fait plus de 100 millions de vus. L’accusation vient d’un des anciens proches de Poutine qui explique lui-même comment il a participé à la manipulation. La vidéo frappe tous les Russes qui n’en peuvent plus face au sentiment d’injustice. Cela explique le succès de telles mobilisations sur les réseaux sociaux.

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