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La transformation des villes françaises

27/03/2019 - par Isabelle Schlumberger, directrice générale de JCDecaux

L’enjeu principal des villes est aujourd’hui de bâtir du commun en affirmant un rôle de réseau social réel, proche et humain. Le numérique permet la contextualisation des usages et des messages dans une optique d’amélioration de l’expérience citadine.

Parce que nous y vivons chaque jour, nous ne voyons pas forcément les profondes mutations qui traversent depuis plusieurs années le paysage urbain français. Mais il suffit de se rendre à l’occasion d’un déplacement personnel ou professionnel à Marseille, Bordeaux, Nice ou Lille mais aussi Clermont-Ferrand, Reims ou Le Havre pour constater, parfois avec un étonnement doublé d’admiration, les transformations impressionnantes qui ont lieu sous nos yeux.

Climat, logement, déplacements, santé, numérique, culture, démocratie, du local au global : pas un sujet qui ne soit en (r)évolution. Ce phénomène ne touche pas seulement les capitales régionales à la une des hebdomadaires et les classements sur le « Bon vivre », non. Ce phénomène a irrigué nos territoires beaucoup plus profondément et la crise sociale récente ne doit pas laisser croire à une France duale, Paris et les villes cœurs des Métropoles à côté d’un no man’s land rural et péri-urbain. La diversité est le tout et la créativité est partout.

Des villes en mutation

Qu’ils soient métropoles, villes moyennes ou plus petites communes, tous les territoires ont des talents et des atouts pour construire la ville des solutions.

Il y a d’abord la ville autonome, celle de l’accès, avec des plans de déplacements urbains innovants (comme dans le Grand Annecy) ou des gares à la fois plateformes d’intermodalité, hubs d’échanges et espaces de vie urbaine (comme celles qui vont se déployer avec le Grand Paris Express en Île-de-France).

Il y a ensuite la ville partagée. Elle passe par des centres-villes toujours plus dynamiques, des services dans tous les quartiers, la participation citoyenne encouragée. Et vive les tiers lieux, avec leurs projets créatifs et solidaires : start-up, espaces de travail collaboratif et d’urbanisme transitoire, réseaux d’échanges. La Machinerie à Amiens ou Le Mix à Tassin-la-Demi-Lune (Rhône) en témoignent.

Il y a également la ville durable qui mise sur l’agriculture urbaine, les toits potagers (l’appel à projets « Parisculteurs »), le jardinage bio – la Box à Planter a fait du chemin depuis son invention à Nantes –, l’écomobilité dans toutes ses dimensions (transports en commun, véhicules décarbonés, pistes cyclables et vélos en libre-service, piétonnisation), le tri et le recyclage des déchets sauvages et de la consommation en nomadisme.

Il y a enfin la ville connectée. Les 55 écrans digitaux implantés par la Métropole et la ville de Nice font de Nissa la Bella une administration en interaction permanente avec ses administrés. 94 % d’entre eux jugent que cette communication digitale est porteuse de modernité mais surtout de réactivité et de proximité. La communication de la ville devient géolocalisée, contextualisée. Autre illustration : à Caen, on expérimente des bornes de propreté dotées de capteurs. La Smart City, c’est celle qui agit avec et pour les smart citizens.

Les villes accélèrent l’innovation

L’innovation s’inscrit au cœur de la stratégie des villes, qui développent de nombreux mécanismes d’accompagnement des start-up et des expérimentations urbaines. En partenariat avec notamment, les régions, pôles de compétitivité et entreprises privées, l’incubation et l’accélération de start-up portées par les villes, favorisent le développement de milliers d’entrepreneurs partout en France, par exemple, Paris&Co, Euratechnologies à Lille, Bond’innov en Seine-Saint-Denis.

Pour expérimenter les innovations au bénéfice de villes intelligentes et durables, les villes accueillent également, sur leur territoire, pilotes et expérimentations, comme l’Urban Lab à Paris ou le Nantes City Lab. La tendance aujourd’hui ? Le regroupement des initiatives pour gagner en efficacité, tel le projet H7 à Lyon, qui hébergera bientôt start-up et programmes existants du territoire ou encore la future Cité des Startups à Toulouse en 2020.

Bienvenue dans « Data City »

Riches productrices de données par le travail de leurs agents, par la contribution active de l’ensemble des opérateurs urbains, par l’apport de ses habitants comme par l’activité de ses acteurs économiques et tout particulièrement ceux issus du numérique (Uber, Waze, Airbnb et autres plateformes de services), les villes ont tout à gagner à entrer dans une nouvelle ère, celle de la donnée comme outil de connaissance territoriale, de dialogue avec les citoyens et de pilotage d’une cité plus intelligente et plus pertinente. 

À la fois carburant et guide, la donnée bien traitée et encadrée permet de dessiner, d’aménager et de créer de nouveaux services. Avec des initiatives comme celles de la plateforme Grand Lyon Smart Data et du Service Public Métropolitain de la Donnée (SPMD) de Rennes Métropole, les villes innovent et transforment la Data en « intelligence urbaine ». Cet indéniable capital l’est aussi pour les marques à travers leurs communications dans la ville.

Dialoguer pour construire du commun

La démocratie au quotidien et en continu est une aspiration forte des citoyens. Tous les acteurs de la ville doivent être partenaires afin de rendre possibles la participation des habitants, l’animation de la ville et la communication de la collectivité. L’enjeu ? Bâtir du commun. Le chemin ? Affirmer plus que jamais le rôle de la ville comme réseau social réel, proche et humain. Pour participer, des outils existent déjà sur le terrain : plateformes de contributions ou de consultation en ligne (comme à Mulhouse ou encore à Poitiers), budgets participatifs (à Paris avec ses 2,2 millions d’habitants comme à Couhé, dans la Vienne, qui en compte 1 800).

Pour informer, il y a les journaux des collectivités mais aussi l’espace urbain et les supports d’information qui s’y trouvent. Le numérique, avec ses écrans, ses capteurs, ses données, permet la contextualisation des messages et des usages, ainsi que l’interactivité. Ainsi, en 2017, la start-up Diduenjoy a expérimenté une méthode agile de recueil de feedbacks abonnés du Vélocité Besançon en vue d’optimiser la satisfaction clients, de faire dialoguer les abonnés du système de vélo en libre-service de la ville, d’impliquer les utilisateurs dans une démarche d’amélioration continue. Résultat : 93 % de retours positifs et un niveau de satisfaction très élevé qu’il s’agisse du trajet, de l’état du vélo, de la recommandation de son usage. De cette mobilisation collective, les marques prennent de plus en plus leur part. Avec le brand urbanism, elles affirment une identité renouvelée dans la ville, fondée sur la proximité et la responsabilité. Rendre les villes plus accueillantes, durables, connectées, au service de tous, telles sont notre responsabilité partagée et notre mission commune. 

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