

18/12/2003 - Après le porno chic l'année dernière, la tendance « cabine de routier » a fait des émules cette année. Ces campagnes, désapprouvées par la grande majorité des publicitaires, menacent la profession d'une intervention du législateur.
SOMMAIRE DU DOSSIER :
Octobre
Le retour des coureurs de fond
Hollywood monte au front
Mai
Le gratuit français de Vilnius
Le palmarès des palmarès
Septembre
Avril
Tu ne cracheras plus dans la soupe
« Malgré la crise, nous sommes restés audacieux »
Août
Mars
Internet, c'est reparti !
Juillet
Les UNES de l'année
Des maux aux mots
Décembre
Novembre
Créateur food
Monoprix revisite la proximité
Février
Les DOWN
Le retour du graphisme
Les UP
Janvier
Juin
Objets de curiosité
Ping-pong musical dans la pub
Après la déferlante de pénis, de fesses et autres corps morcelés en 2002 et la vague de campagnes porno chic signées Dior, Gucci, Sisley ou Valentino, l'année publicitaire avait commencé presque sagement. Avant qu'un nouveau coup de chaleur ne trouble les esprits. Des filles en string au corps huilé se trémoussent lascivement façon peep-show pour vanter la lingerie Sloggi (Ogilvy Danemark). Une femme cambrée baisse son minishort et exhibe la ficelle d'un string Bolero décorée d'un signe du zodiaque en interpellant le passant d'un « Je suis vierge. Et vous ? » (Valverde de Miguel). Un couple batifole dans les toilettes vantant les qualités... du papier hygiénique Renova. Des hommes nus forment un sexe masculin pour les vêtements Olly Gan (Publicis Bohème Lyon). Bref, loin d'un esthétisme « hype », un tir groupé d'affiches dont la vulgarité a fait pousser des cris d'orfraie.
Le plus loin possible
« Il existe une grande porosité entre le secteur du porno et celui de la publicité, qui suit les tendances du film X,affirme Florence Montreynaud, présidente de la Meute, l'association aux avant-postes de la lutte contre la publicité sexiste.Les publicitaires vont le plus loin possible, c'est dans leur nature. Je pense qu'il faut fixer des limites claires, d'autant que ces campagnes ont un impact fort. »Un avis que ne partage pas Olivier Altmann, président de BDDP&Fils :« Le public ne réagit pas plus aujourd'hui qu'hier à la publicité provocante. Ce qui est différent, c'est que les associations ont compris qu'elles tenaient un bouc émissaire capable d'agiter les médias, et par voie de conséquence, les pouvoirs publics et les institutions régissant notre profession. Ce qui nuit au métier, ce n'est pas la provocation, tant qu'elle n'est pas gratuite, mais la vulgarité. Depuis toujours, la mauvaise pub fait de la mauvaise pub à la pub. »
Le débat a abouti fin novembre à la signature d'une charte de bonne conduite de la profession par le BVP et le gouvernement. Dernier garde-fou avant un éventuel recours à la loi.