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Medias internationaux

L'information date de début septembre. Google, premier groupe mondial de recherche sur Internet, a commencé à héberger directement sur son propre site des informations, textes ou photographies, produites par quatre agences de presse. Jusqu'alors, la section « actualités » de Google était à la traîne : 9,6 millions de visiteurs en juillet dernier sur Google News, selon les chiffres établis par Com Score Media Metrix, contre 33,8 millions de visiteurs pour Yahoo News, 24,5 millions pour MSNBC, 23,9 millions pour AOL News et 22,5 millions pour CNN. La donne devrait changer pour Google News grâce aux fils d'agence. Ce qui n'est pas sans susciter un certain émoi dans les médias internationaux, qui craignent une baisse de trafic Internet vers leurs propres sites. Et, par conséquent, une baisse de leurs revenus issus du Web.

Pour l'heure, il semblerait qu'il n'y ait pas péril en la demeure. C'est en tout cas ce qui ressort de la dernière étude EMS, qui dresse le panorama des médias internationaux, notamment suivant leur consommation par les foyers européens les plus aisés (voir tableaux), et compte pour nouveaux souscripteurs Metro, TV5 Monde et Fashion TV. Malgré les développements toujours plus importants d'Internet et des « pure players » agrégateurs de contenus comme Yahoo News, les grandes marques de médias en sortent renforcées. CNN, MTV et le quotidien Financial Times sont les médias à dimension internationale qui ont le plus d'influence. Dans l'univers télévisuel, Eurosport domine en termes d'audience. « Nous sommes premiers de l'étude depuis douze ans », se félicite Bertrand Bridon, responsable de la communication de la chaîne. La forte distribution de celle-ci peut expliquer en partie ces résultats : 82,4 millions de foyers reçoivent Eurosport dans les seize pays de l'étude EMS dont Eurosport a acheté les résultats (tous sauf la Pologne, la Hongrie, la République tchèque). D'autre part, la notoriété de marque est très élevée, puisque 87,2 % des personnes interrogées dans ces seize pays connaissent la marque Eurosport. Bref, les grandes marques médias internationales continuent à tenir le haut du pavé.

« Les résultats de l'étude EMS ne m'étonnent pas, souligne Hélène Leventer, chargée de mission internationale chez OMD. Internet reste un média de complément. Il n'est pas un média de remplacement. » Et d'ajouter : « Les grandes marques de médias internationales comme CNN ont parfaitement compris cette logique d'Internet comme média de complément et investissent la Toile pour compléter leur offre. » Comprenez : Google News, Yahoo News ou autres sites d'information internationale ne sont pas à la hauteur de la puissance de feu de CNN ou d'Eurosport. Chez CNN, on est d'ailleurs serein : « Nous ne considérons pas Google comme un concurrent direct », explique Werner Schöpff, directeur commercial de CNN International. Pour autant, la chaîne de Ted Turner vient de remanier son site Internet international afin de le rendre plus participatif. Celui-ci totalise quelque 81 millions de pages vues par mois et accueille 3,9 millions de visiteurs uniques mensuellement. Pas vraiment de quoi trembler...

Du côté de l'éditeur Metro International, qui revendique 20 millions de lecteurs dans 22 pays et des éditions en 22 langues, le son de cloche est le même. « Nous n'avons pas véritablement de stratégie pour lutter contre Yahoo News, assure Wilf Maunoir, directeur de la recherche chez Metro International, car nous pensons qu'ils ne sont pas encore assez puissants et surtout qu'ils ne sont pas réellement sur le même marché que nous. Nous sommes sur le contenu éditorial alors qu'ils sont plutôt sur le "search" [recherche] et l'agrégation de contenus. »

Ainsi, tout se passe comme si les marques médias, en investissant elles-mêmes le Web, avaient phagocyté toutes les autres tentatives et profité de l'audience générée par Internet pour accroître leur audience, leur influence et leur prestige. « Les médias établis ont une longueur d'avance quant à la crédibilité et à la fiabilité de l'info », lance Jean-Christophe Demarta, directeur publicité internationale du New York Times Media Group. Ce qui n'empêche pas de rester vigilant quant à l'émergence des nouvelles marques de média sur le Web. « The Politico et Rue 89, dans une moindre mesure, se positionnent sur l'info en profondeur. Mais, à ma connaissance, ils ne sont pas présents comme nous ou Reuters à Bagdad. »

Si, en termes de chiffre d'affaires et d'audience, Internet n'est pas encore majoritaire, sa part est grandissante. « Aujourd'hui, 30 à 40 % de nos annonceurs utilisent les médias télé et Internet de manière conjointe, précise Werner Schöpff, de CNN. Le multimédia est incontournable pour toucher notre cible, les CSP +, de ce monde. »

L'information date de début septembre. Google, premier groupe mondial de recherche sur Internet, a commencé à héberger directement sur son propre site des informations, textes ou photographies, produites par quatre agences de presse. Jusqu'alors, la section « actualités » de Google était à la traîne : 9,6 millions de visiteurs en juillet dernier sur Google News, selon les chiffres établis par Com Score Media Metrix, contre 33,8 millions de visiteurs pour Yahoo News, 24,5 millions pour MSNBC, 23,9 millions pour AOL News et 22,5 millions pour CNN. La donne devrait changer pour Google News grâce aux fils d'agence. Ce qui n'est pas sans susciter un certain émoi dans les médias internationaux, qui craignent une baisse de trafic Internet vers leurs propres sites. Et, par conséquent, une baisse de leurs revenus issus du Web.

Pour l'heure, il semblerait qu'il n'y ait pas péril en la demeure. C'est en tout cas ce qui ressort de la dernière étude EMS, qui dresse le panorama des médias internationaux, notamment suivant leur consommation par les foyers européens les plus aisés (voir tableaux), et compte pour nouveaux souscripteurs Metro, TV5 Monde et Fashion TV. Malgré les développements toujours plus importants d'Internet et des « pure players » agrégateurs de contenus comme Yahoo News, les grandes marques de médias en sortent renforcées. CNN, MTV et le quotidien Financial Times sont les médias à dimension internationale qui ont le plus d'influence. Dans l'univers télévisuel, Eurosport domine en termes d'audience. « Nous sommes premiers de l'étude depuis douze ans », se félicite Bertrand Bridon, responsable de la communication de la chaîne. La forte distribution de celle-ci peut expliquer en partie ces résultats : 82,4 millions de foyers reçoivent Eurosport dans les seize pays de l'étude EMS dont Eurosport a acheté les résultats (tous sauf la Pologne, la Hongrie, la République tchèque). D'autre part, la notoriété de marque est très élevée, puisque 87,2 % des personnes interrogées dans ces seize pays connaissent la marque Eurosport. Bref, les grandes marques médias internationales continuent à tenir le haut du pavé.

« Les résultats de l'étude EMS ne m'étonnent pas, souligne Hélène Leventer, chargée de mission internationale chez OMD. Internet reste un média de complément. Il n'est pas un média de remplacement. » Et d'ajouter : « Les grandes marques de médias internationales comme CNN ont parfaitement compris cette logique d'Internet comme média de complément et investissent la Toile pour compléter leur offre. » Comprenez : Google News, Yahoo News ou autres sites d'information internationale ne sont pas à la hauteur de la puissance de feu de CNN ou d'Eurosport. Chez CNN, on est d'ailleurs serein : « Nous ne considérons pas Google comme un concurrent direct », explique Werner Schöpff, directeur commercial de CNN International. Pour autant, la chaîne de Ted Turner vient de remanier son site Internet international afin de le rendre plus participatif. Celui-ci totalise quelque 81 millions de pages vues par mois et accueille 3,9 millions de visiteurs uniques mensuellement. Pas vraiment de quoi trembler...

Du côté de l'éditeur Metro International, qui revendique 20 millions de lecteurs dans 22 pays et des éditions en 22 langues, le son de cloche est le même. « Nous n'avons pas véritablement de stratégie pour lutter contre Yahoo News, assure Wilf Maunoir, directeur de la recherche chez Metro International, car nous pensons qu'ils ne sont pas encore assez puissants et surtout qu'ils ne sont pas réellement sur le même marché que nous. Nous sommes sur le contenu éditorial alors qu'ils sont plutôt sur le "search" [recherche] et l'agrégation de contenus. »

Ainsi, tout se passe comme si les marques médias, en investissant elles-mêmes le Web, avaient phagocyté toutes les autres tentatives et profité de l'audience générée par Internet pour accroître leur audience, leur influence et leur prestige. « Les médias établis ont une longueur d'avance quant à la crédibilité et à la fiabilité de l'info », lance Jean-Christophe Demarta, directeur publicité internationale du New York Times Media Group. Ce qui n'empêche pas de rester vigilant quant à l'émergence des nouvelles marques de média sur le Web. « The Politico et Rue 89, dans une moindre mesure, se positionnent sur l'info en profondeur. Mais, à ma connaissance, ils ne sont pas présents comme nous ou Reuters à Bagdad. »

Si, en termes de chiffre d'affaires et d'audience, Internet n'est pas encore majoritaire, sa part est grandissante. « Aujourd'hui, 30 à 40 % de nos annonceurs utilisent les médias télé et Internet de manière conjointe, précise Werner Schöpff, de CNN. Le multimédia est incontournable pour toucher notre cible, les CSP +, de ce monde. »