
05/12/2011 - Sur les téléviseurs «connectés», de multiples acteurs proposent déjà un large choix de programmes et de services aux premiers utilisateurs raccordés. De nouvelles offres qui intègrent les atouts du Web.
Dans les salons, les téléviseurs connectés à Internet remplacent progressivement les télés classiques. «On estime actuellement que 2,5 à 3 millions de foyers français possèdent une télévision connectable et la moitié sera équipée d'ici à trois ans, indique Stanislas Léridon, cofondateur et président de l'agence Dotscreen, productrice d'applications pour TV connectées. Mais ce n'est pas parce qu'on possède une télévision raccordable qu'on la connecte effectivement.»
Pourtant, cela vaut le coup. En se connectant (via un câble, le Wifi ou encore un boîtier), on accède aujourd'hui à une multitude de contenus: télévision de rattrapage (catch-up), vidéos à la demande (VOD), services personnalisés (météo, trafic, etc.), fiches contextuelles sur un film ou un match, vidéos et photos amateurs...
Un aperçu de l'hyperchoix proposé par les chaînes nationales, mais aussi par une multitude d'acteurs qui ont fait leur entrée sur le petit écran via le Web, comme les fournisseurs d'accès à Internet et Apple TV. La Google TV (et sa filiale You Tube) doit arriver en France en 2012 et le loueur de vidéo américain Netflix débarque en Europe: il vient de signer un accord avec la BBC pour proposer prochainement ses programmes en Grande-Bretagne et en Irlande.
La presse écrite s'y met aussi. Après Le Figaro, 20 Minutes va lancer au premier trimestre une application pour téléviseurs LG, Samsung, Toshiba et Philips qui «met en scène l'information produite par nos journalistes à travers des vidéos, des diaporamas sonores... tout en gardant l'écriture pragmatique, factuelle et riche de 20 Minutes», explique le responsable Web du journal gratuit, Antoine Clément. Les groupes Marie Claire ou Lagardère sont aussi sur les starting-blocks...
Pour l'instant, le public s'intéresse surtout aux contenus vidéo (You Tube, Dailymotion), aux services pratiques et à la télé de rattrapage, selon une étude publiée en décembre par CCM Benchmark et Dotscreen. Mais il voudrait davantage de fiches techniques sur les films et les séries (79%), pouvoir partager leur écran pour regarder la télévision tout en bénéficiant d'un service (59%), interagir avec une émission (49%) et échanger pendant le programme avec leur communauté (43%).
Laboratoires de télé enrichie
«Les nouvelles offres viennent en complément des chaînes de télévision nationales qui restent fédératrices», estime Stanislas Léridon, de Dotscreen. Les «historiques» ont, elles aussi, commencé à abattre leurs cartes. Pour affirmer leur «marque», qu'elles entendent exploiter au mieux, elles investissent massivement dans des productions de séries ou documentaires originaux. En interne, elles ont également constitué de petites équipes qui testent des applications directement inspirées des usages des internautes.
Mots d'ordre de ces laboratoires: rendre interactif, enrichir, personnaliser et géolocaliser des contenus qui ont aussi vocation à être visionnés sur tablettes et smartphones. Chaque chaîne invente, teste et mesure de nouvelles recettes en puisant dans les ingrédients maison.
Chez France Télévisions (FTV), une «Task Force» d'une dizaine de personnes a imaginé avec IBM une offre de programme «enrichi» de Roland-Garros, testé en 2011 sur les téléviseurs utilisant le standard européen HbbTV. De chaque côté du direct, on peut aller consulter les fiches des tennismen, les scores et les statistiques en temps réel de tous les matchs, les tableaux du tournoi... Depuis septembre, un portail hybride propose les JT réactualisés tout au long de la journée par les rédactions du groupe et accompagnés du bulletin météo et du guide des programmes.
Et une dizaine de projets sont dans les tuyaux. «Nous préparons une version enrichie de C dans l'air pour début 2012, avec des biographies des intervenants, des sondages en direct et la possibilité de voir l'émission en différé, ainsi qu'une application pour l'émission pour enfants Les Zouzous», indique Éric Scherer, directeur de la prospective et de la stratégie numérique de France Télévisions.
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Mots-clés :
tendance, programmes, télévision connectée