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Talent à suivre : Vahram Muratyan, le graphiste urbain

08/03/2012 - par Anne-Lise Carlo

Premier d’une série sur les talents à suivre, le directeur artistique a imaginé un match visuel entre Paris et New York. Une idée originale qui lui a ouvert les portes de Big Apple.

Devenir en trois mois la coqueluche des éditeurs américains. C'est ce que vient de vivre Vahram Muratyan, directeur artistique français d'origine arménienne. «Je travaillais en free-lance à Paris mais en octobre 2010, je suis parti à New York avec le désir d'y tenter ma chance. Une fois là-bas, Paris me manquait beaucoup. Pour raconter ce manque et aussi ce que je vivais, j'ai ouvert un blog, à l'origine pour mes proches», explique le directeur artistique, attablé au café Charlot dans le quartier du Marais.

Son idée est simple: mettre en scène, via un blog dessiné («Paris versus New York»), les deux capitales française et américaine en pointant leurs contrastes et leurs décalages. Une tasse à café face à un gobelet géant, une vieille dame courbée face à une mamie sportive...

A travers cette vision duale, c'est un peu de son histoire personnelle que dévoile le directeur artistique: «La première fois que l'on me présente New York, j'ai cinq ans et je me sens minuscule dans la Grosse Pomme», se souvient-il. Avec une mère travaillant pour l'ancienne compagnie aérienne TWA, ses allers-retours au-dessus de l'Atlantique seront nombreux et son ambivalence grandissante.

A 32 ans, avec ce regard toujours teinté d'émerveillement sur les deux villes, Vahram tape juste. Son blog attire très vite l'attention du milieu de l'édition new-yorkaise. Au-delà du sujet choisi, la pureté de son trait séduit. Un minimalisme hérité de son admiration pour le dessinateur Sempé. Son univers un brin rétro, à la fois très français et en même temps proche du générique de la série Mad Men, semble dans l'air du temps.

Pourtant, la pratique du graphiste est ancienne: «Je dessine sur ordinateur depuis mes sept-huit ans. J'ai eu un Atari, un Amstrad puis vers 12-13 ans, j'ai commencé à crayonner des logos sur Mac.» Très attiré par le dessin vectoriel – proche des plans d'architectes –, il tente de lui corriger sa froideur inhérente.

«En fait, ce que je fais pourrait s'appeler du logotype humanisé», définit Vahram Muratyan qui a fait ses classes à l'École supérieure d'arts graphiques Penninghen. Quelque temps après son diplôme obtenu en 2002, il y retourne d'ailleurs pour enseigner l'édition et le design graphique.
Dans les mêmes années, il passe au sein des agences V puis Dream On mais ne s'y attarde pas, plus séduit par l'édition que par la publicité. En 2005, il crée le studio de création Wiiiz avec Elodie Chaillous. Leurs collaborations s'enchaînent, dès lors, pour Arte, France Télévisions, Chanel, l'Opéra de Paris ou encore dans le livre inventif «J'ai toujours rêvé d'être un artiste».

«A cette période, l'envie de partir à New York me taraudait déjà mais je voulais d'abord créer des choses à Paris. Et ce, même si c'est difficile d'être un jeune créatif dans cette ville où l'on met du temps à vous faire confiance», ajoute-t-il.
Le grand saut vient en 2010. Son blog tout juste mis en ligne dans la ville de tous les possibles, les éditeurs se bousculent auprès du graphiste français qui n'en croit pas ses yeux. C'est finalement la maison d'édition anglo-saxonne Penguin qui gagne la partie et les droits monde du futur livre.

«J'étais très fier que ce célèbre éditeur puisse s'intéresser à mon projet. C'est un nom que tous les lecteurs de romans en anglais, et les graphistes aussi, connaissent bien. Mes parents en possédaient plusieurs», confie Vahram Muratyan.
Dans la foulée, l'éditeur 10/18 se positionne également pour racheter les droits en France. L'ouvrage «Paris vs New York» sort ainsi en novembre 2011 à Paris. Quelques semaines auparavant, le magasin Colette expose les planches à dessin du graphiste français. Résultat, le succès est immédiat et le blog devenu livre trouve sa place sous de nombreux sapins de Noël.

Côté américain, il aura fallu patienter jusqu'en janvier pour découvrir la version imaginée par Penguin. Un moment jugé plus opportun après la saturation commerciale de fin d'année. Si, là encore, les ventes démarrent bien, Vahram reste prudent: «New York est une ville où tout va vite. La concurrence y est forte et l'usure des concepts tout aussi rapide.
Depuis, les propositions affluent. Des marques de voyagistes notamment qui voient dans ce «Paris versus New York» le guide de voyages revisité comme jamais. Le très select club parisien Le Silencio a demandé au créatif de lui créer sa carte de visite. Depuis début janvier, le magazine du Monde M a également entamé une collaboration hebdomadaire avec le graphiste.

Même si de nouvelles créations vont être dévoilées prochainement, Vahram Muratyan se fait discret. «Je suis très sélectif dans mes choix. Je n'ai pas envie d'abîmer mes idées», raconte-t-il avant de s'échapper quelques jours dans le sud de la France pour prendre un peu de recul.
Première conviction: «Je ne vais pas décliner mon concept telle ville versus telle ville car je n'ai pas envie de me répéter.» Un nouveau blog? «Peut-être. Ce qui est sûr c'est que je veux aller au-delà de l'illustration papier. Travailler sur un documentaire ou tenter autre chose sur Internet me plairait beaucoup», ajoute-t-il.

Mais quel que soit le support, la source d'inspiration de ce voyageur reste, toutefois, le phénomène urbain. La vie dans la ville.

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