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Communication politique

A la télé et sur les réseaux sociaux, Trump a changé la donne

06/09/2016 - par Propos recueillis par Alain Delcayre

La journaliste américaine d'origine franco-syrienne Hala Gorani, présentatrice de l'émission «The World Right Now» sur CNN International, évoque les différences entre les Etats-Unis et la France en cette période d'élection présidentielle de part et d'autre de l'Atlantique.

Dans le cadre des élections présidentielles en France et aux Etats-Unis, quelles différences voyez-vous d'une part dans le traitement par les médias et d'autre part dans le comportement et la manière de communiquer des candidats?

Hala Gorani. D'abord, aux Etats-Unis, la campagne est beaucoup plus longue et beaucoup plus d'argent y est dépensé. Ensuite, le rôle du président américain est mondial et intéresse de ce fait plus de personnes dans le monde. En France, la campagne est beaucoup plus limitée dans le temps et très réglementé au niveau financier. Aux Etats-Unis, des primaires à l'élection finale tout préside à une bien plus grande théâtralisation de la campagne. Et Trump a davantage encore contribué à cela. Beaucoup de choses ont changé avec lui. Il n'hésite pas à appeler lui-même en direct lors d'émissions TV. Sa réactivité a accentué cette façon de communiquer qui était déjà beaucoup plus directe aux Etats-Unis qu'en France. D'un autre côté, c'est en phase avec l'évolution de la société et l'essor des réseaux sociaux. Si je regarde les comptes Twitter des candidats français, ils sont beaucoup moins actifs que ceux de leurs homologues américains.

 

«Les médias américains, à commencer par CNN, ont créé Trump», lancent souvent ses détracteurs. Qu’en pensez-vous?
 H.G. Je crois surtout que Trump est le reflet d'un certain électorat manifestant un ras-le-bol de l'establishment. Le fait qu'il soit une célébrité et un milliardaire qui déclare qu'il appliquera aux Etats-Unis ce qu'il a fait pour ses sociétés plaît beaucoup à une certaine frange de la population. Et il ne faut pas négliger son image de protecteur contre la mondialisation. Maintenant, concernant le rôle des médias, l'extrême disponibilité de Trump l'a indiscutablement servi, et ce dès le début, lors des primaires républicaines. Ces concurrents s'en sont aperçus un peu tard. 

 

Du point de vue du journaliste, entre Trump et Clinton, quel est le meilleur «client»?

H.G. Je n'ai interviewé ni l'un, ni l'autre. Mais Clinton a une façon très traditionnelle de s'exprimer. Elle reconnaît elle-même ne pas avoir de talent d'orateur. Trump est son exact contraire, il est même très «over the top». Ses fans apprécient son côté authentique, non filtré. Toutefois, si je devais n'en interviewer qu'un, ce serait sûrement Clinton. Il y a déjà eu beaucoup d'interviews de Trump. J'aurais des tas de questions à poser à Clinton notamment sur les sujets internationaux. 

 
Le rôle des «spin doctors» est-il très différent aux Etats-Unis et en France?
H.G. Aux Etats-Unis, les conseillers des candidats, spécialistes sur des dossiers mais aussi experts en communication, s'expriment plus dans les médias. Le jeu politique est beaucoup plus médiatique aux Etats-Unis. Mais de part est d'autre de l'Atlantique, nous, journalistes, devons faire avec les «gate keepers». 

 

Les réseaux sociaux, de plus en plus présents, ne tendent-ils pas à court-circuiter toujours davantage le travail des journalistes?

H.G. Si c'était le cas, Trump ne demanderait pas d'interview à la TV. Ceci dit, le rôle des réseaux sociaux est évidemment de plus en plus déterminant. Dans ce domaine, encore une fois, Trump a changé la donne. Il est très présent sur Twitter où il a l'habitude de livrer ses premières réactions et d'attaquer ses concurrents. Et toujours avec des formules choc, quand elles ne sont pas insultantes. 

 
Si vous deviez résumer en quelques mots les stratégies de communication respectives de Trump et Clinton…

H.G. Clinton communique sur son expérience, le fait d'être une valeur sûre. Elle attaque d'ailleurs en permanence Trump sur ce théme, en l'accusant d'être non qualifié et dangereux. Ce qui est aussi pour elle une faiblesse compte tenu de la fièvre anti-establishment dans ce pays (comme dans bien d'autres d'ailleurs). La stratégies de Trump, elle, pourrait se résumer à: «Je parle d'abord, je réfléchis ensuite». Il peut dire tout et son contraire dans une même phrase. Mais tous les deux se rejoignent sur un point: ils sont sans doute les deux candidats les plus impopulaires de l'histoire récente des Etats-Unis. 

Dates clés



1er mars 1970. Naissance à Seattle (Etats-Unis) d'une famille franco-syrienne.

1995. Diplômée de Sciences-Po Paris.

1994. Intègre France 3 après avoir été reporter à La Voix du Nord et à l'Agence France Presse.

1998. Rejoint CNN International à Londres, après avoir été présentatrice chez Bloomberg TV.

2003. Lancement de l’émission mensuelle Inside The Middle East qu’elle anime pendant cinq ans.

2010. Sa couverture du séisme en Haïti vaut à CNN International la nymphe d’or à Monte-Carlo.

2012. Son travail sur le printemps arabe offre à CNN un Peabody Award.

2014. Aux commandes depuis Londres de la quotidienne The World Right Now sur CNN International.

2015.Forbes la classe parmi les femmes arabes les plus puissantes au monde.

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