Medias
José Luís Sainz, nommé par Prisa à la tête de son quotidien El País et de tout son pôle presse écrite, devra mettre en œuvre un sévère plan de restructuration.

Le groupe Prisa poursuit sa profonde restructuration entamée après l'arrivée du fonds d'investissement Liberty Acquisition dans son tour de table fin 2010. Le géant espagnol de la communication vient de nommer à la tête de son emblème, le quotidien El País, ainsi que de tout son pôle de presse écrite un parfait connaisseur de la maison, José Luís Sainz, qui avait déserté en 2009 pour prendre les rênes des médias du groupe concurrent, Vocento.

Son court passage chez l'éditeur du quotidien conservateur ABC, qui a coïncidé avec un douloureux plan de licenciements, allié à son retour chez Prisa alors même que le groupe tente d'assainir ses comptes, lui valent une réputation de «liquidateur». Les voix plus indulgentes parlent d'un «bon gérant», mais toutes concordent sur la dure tâche qui l'attend, alors que Prisa prévoit de licencier 2 500 personnes d'ici à 2012, dont l'immense majorité en Espagne. «Depuis son nouveau poste, il impulsera la transformation globale du modèle économique de la presse dans le groupe et son intégration et développement au cœur des nouvelles technologies numériques», assure Prisa.

Son arrivée s'inscrit dans le cadre de la réorganisation complète du conseil d'administration d'El País, dont la présidence revient désormais à Juan Luís Cebrían, conseiller délégué de Prisa. Le président du groupe, Ignacio Polanco, y siégera également aux côtés notamment de Jean-Marie Colombani, nommé conseiller extérieur. Prisa est actionnaire minoritaire du groupe Le Monde.

Parfaite connaissance du groupe

En dix ans de carrière chez Prisa, José Luis Sainz, quarante-neuf ans, avait parcouru les entrailles de son pôle médias, depuis la presse jusqu'à la production audiovisuelle et la sphère numérique en passant par la télévision et la radio. En 1997, il fut nommé adjoint à la direction du groupe avant de prendre la direction de la radio Cadena Ser, la plus écoutée en Espagne, et du pôle international Prisa Radio.

En 2009, le concurrent Vocento le débauche pour s'occuper de ses médias écrits et numériques. La même année, le quotidien ABC se sépare de 240 employés. Un nouveau plan de licenciements avait été introduit juste avant son récent départ.

Son retour précipité à la tête d'El País fait grincer du côté de Vocento, où la direction a été sommée d'expliquer comment un haut responsable a pu passer si rapidement à la tête d'un concurrent direct. Il coïncide avec la prise de fonctions du nouveau directeur financier de Prisa, Fernando Abril-Martorell, ancien responsable de Crédit suisse. Le mois d'avril a été marqué par plusieurs journées de grèves des employés de Prisa.

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