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RSF en alerte avant les JO d'hiver

07/10/2013 - par Marion-Jeanne Lefebvre

Johann Bihr est responsable du bureau Europe et ex-URSS pour Reporters sans frontières (RSF). Il est l'auteur d'un rapport sur la situation du journalisme indépendant dans la région de Sotchi, où auront lieu les prochains Jeux olympiques d'hiver, du 7 au 23 février 2014. Si les médias locaux font régulièrement l'objet de pressions, il invite les journalistes internationaux couvrant les épreuves à enquêter sur la région.

Avez-vous été surpris par l'état de la liberté de la presse à Sotchi, ville russe au bord de la mer Noire qui organise les JO d'hiver 2014 ?

Johanhn Bihr. Je n'ai pas vraiment été surpris, la situation à Sotchi est révélatrice de ce qui se passe dans la plupart des régions russes - mis à part évidemment la Tchétchénie, où les médias sont complètement muselés. Les pressions qui s'exercent à Sotchi existent dans le reste du pays: des coups de téléphone très insistants de l'administration, une dépendance financière vis-à-vis des pouvoirs municipaux et régionaux ou encore des procès abusifs. Il y a notamment en Russie et à Sotchi un système d'«accords de fourniture d'informations»: les autorités régionales et municipales attribuent de généreuses subventions et des avantages fiscaux contre la publication par les journaux d'un quota d'informations émanant directement du service de presse de l'administration. Ceux qui refusent ce système connaissent de grandes difficultés financières. Le journalisme indépendant y est donc un sport de combat.

 

Où s'arrête la liberté de la presse dans la région de Sotchi?

J.B. Il y a quelques sujets tabous, tels que la personnalité du gouverneur, et il est difficile de parler de corruption. Mais tout se joue entre les lignes et l'autocensure est très importante. Certains titres ressemblent à des journaux soviétiques! Il n'y a aucune mise en perspective, aucun regard distancier... Mais je ne veux pas dresser un tableau catastrophiste: il existe des médias très indépendants comme Novaïa Gazeta Kubani ou Mestnaïa, même si ces journaux sont sous le coup de nombreux procès. Il arrive aussi à certains titres moins indépendants de mener des enquêtes sur la corruption ou les problèmes écologiques posés par la préparation des Jeux olympiques, par exemple.

 

Si la pression est réelle sur les médias locaux, sera-t-il cependant possible aux journalistes internationaux couvrant les Jeux de parler d'autre chose que des épreuves?

J.B. Je ne pense pas que les autorités auront beaucoup de moyens de pression sur les journalistes internationaux. En revanche, certaines zones seront interdites par décret pour cause de sécurité et les journalistes seront soumis à une surveillance permanente de leur communication. Un article du Guardian paru le 6 octobre révèle les techniques mises en place pendant les JO par le Service fédéral de sécurité russe pour surveiller les communications téléphoniques et Internet. Il faudra par exemple se méfier du service de Wifi public et gratuit. Mais nous incitons vivement les journalistes sportifs à aller se balader, parler aux gens et rencontrer les médias indépendants de la région! Nous allons d'ailleurs lancer une campagne d'affichage à ce sujet ciblant particulièrement les journalistes sportifs, en plus d'actions physiques et virtuelles pour détourner la communication officielle des Jeux.

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