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L’échec des objets connectés ?

01/03/2017 - par Maxime Garrigues, directeur général de X-Prime

Après des débuts tonitruants relayés par les médias et alimentés par des prévisions mirifiques (l’Institut GfK prévoit 30 objets connectés par foyer en 2020), le marché des objets connectés ne serait-il pas en train de se retourner ? Désormais, certains n’hésitent plus à parler d’échec. Une bulle qui éclaterait, emportant dans sa chute les derniers acteurs économiques encore indépendants du secteur, tout en épargnant ceux comme Withings, qui se sont déjà protégés en rejoignant un grand acteur tel que Nokia.
 
Ma conviction, c'est que ce ne sont pas les objets connectés qui ont échoué, mais plutôt l’idée que l’on se faisait de cette révolution qui se révèle aujourd’hui être fausse : un marché que l’on envisageait très BtoC, centré sur le consommateur final, dans lequel ce dernier se devait d’être ultra connecté, avide d’innovations et de gadgets en tout genre. La réalité est tout autre : le consommateur, bien que connecté, réfléchit. Sans valeur ajoutée réelle et tangible, sans un prix accessible des objets et un usage simple (par exemple, l’autonomie est souvent en question quand il s’agit de montres connectées), il n’achète pas.
 
Peut-on pour autant parler d’un échec ? Là encore, la réponse est non. Connecter un réfrigérateur ou un lave-linge n’a effectivement que peu d’intérêt pour un consommateur. Il ne payera donc pas pour ça, c’est désormais une certitude. En revanche, lorsqu’on se place du côté des marques, l’intérêt est bien supérieur. Détecter le dysfonctionnement de l’un de ses appareils permet en effet au fabricant et au distributeur associé d’intervenir de façon proactive et d’être présents au moment même où l’objet va devoir être remplacé. C’est d’ailleurs tout le sens du bouton connecté que subventionne et distribue Darty à ses clients. Avec cet objet, une simple pression suffit au consommateur pour être contacté immédiatement par le service client de la marque. Darty renforce ainsi son célèbre contrat de confiance, améliore l’expérience client et s’assure de la fidélité de ses consommateurs, au moment où ceux-ci s’apprêtent à faire un nouvel achat. Imparable.
 
L’autre élément à prendre en compte avant de parler d’échec est celui de la distribution. Compte tenu des prévisions annoncées, il s’agit très clairement d’un marché de masse nécessitant une distribution de masse. Or, en France, les grands acteurs du secteur ont mis du temps avant de référencer et promouvoir réellement les objets connectés. Ce sont les magasins Lick, bien que confidentiels, qui ont été les premiers à proposer un réseau dédié aux consommateurs. Puis, les distributeurs plus traditionnels tels que la Fnac, Darty ou encore Boulanger ont suivi le mouvement. Au-delà du volume de trafic indispensable, la distribution est un facteur clé de succès d’autant plus important que la connectivité des objets induit un minimum d’explications lors de la vente et parfois même un support client pour la mise en route. Sans cela, les freins à l’achat sont trop importants et les ventes ne suivent pas.
 
Boulanger est l’une des premières enseignes à avoir réellement embrassé cette révolution, et cela jusqu’à produire ses propres objets connectés. Référencés sous sa marque de distributeur essentielb, ceux-ci bénéficient d’un prix très compétitif et d’un support dans ses magasins. L’achat devient ainsi une véritable commodité pour le consommateur qui peut désormais ressembler à monsieur et madame tout le monde. D’autres enseignes vont même plus loin.
 
Après avoir commercialisé des objets connectés de la maison, Leroy Merlin se lance aujourd’hui dans le service associé. Au travers d’une application et demain d’une box domotique, la marque se positionne comme une plate-forme permettant d’interconnecter les objets connectés de la maison et de les faire facilement fonctionner ensemble. Une réponse de distributeur à des acteurs comme le SmartThings de Samsung, plus cher et moins accessible pour le consommateur lambda. La marque espère même fédérer tout un écosystème d’objets connectés en associant les autres fabricants. Quant à penser que pour être référencée chez Leroy Merlin une marque devra proposer des objets connectés compatibles avec la plate-forme du distributeur, il n’y a qu’un pas. Pas que je ne saurais franchir tant l’échec des objets connectés semblait évident…

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