
09/12/2010 -
Le copilote
Hugues Le Bret, fondateur d'Achèle
Le 3 octobre, il démissionnait de Boursorama. Le 7 octobre, sortait en librairie son livre La semaine où Jérôme Kerviel a failli faire sauter le système financier mondial. Le 19 novembre, un message sur Twitter annonçait: «Je viens de recevoir le K bis de ma société, Achèle: un mot simple, construit avec mes initiales». Hugues Le Bret, ex-directeur de la communication de la Société générale, se raconte par «tweets» interposés, où l'on peut suivre en temps réel le plan média de son «journal intime» vendu à 60 000 exemplaires et pour lequel il a donné plus de 70 interviews. «Je ne pouvais le publier et rester président de Boursorama. Or l'idée de ne pas dire la vérité m'était insupportable», explique-t-il. Ancien entrepreneur passé chez Euro RSCG C&O, il n'a eu qu'à décrocher son téléphone pour trouver ses trois premiers clients, dont la SSII Devoteam. À 47 ans, il ne veut pas bâtir une agence, mais se faire copilote en solo. «Je propose aux dirigeants des tête-à-tête hebdomadaires pour les accompagner sur le positionnement, la gouvernance ou la communication de leur entreprise. Je ne veux pas plus de dix clients», précise Hugues Le Bret, expert en communication de crise et webmarketing. Pour la mise en œuvre, il s'appuiera, si besoin, sur Le Public Système Hopscotch, un groupe dont il est proche des dirigeants. Un tiers de son temps sera toutefois consacré à l'écriture. En 2001, il signera un billet hebdomadaire dans un grand média et enseignera la communication de crise à Sciences Po. Un livre est en préparation sur un sujet de macro-économie… La meilleure manière, pour lui, de «rester intelligent et en éveil». Et de bien conseiller ses clients.
L'influenceur
Vincent Lamkin, cofondateur de Comfluence
Il souhaitait créer une agence associant communication et influence. Cofondateur de Caractères & Associés et de Meanings, Vincent Lamkin, 40 ans, a créé Comfluence en 2009 avec Jérôme Ripoull, ami de Science Po et lobbyiste. «Aujourd'hui, un bon sujet de lobbying, c'est d'abord un vrai sujet d'actualité, explique-t-il. L'arme massive de la communication est inséparable de l'arme chirurgicale de la relation.» Vincent Lamkin souhaitait également délivrer, en toute liberté, du conseil à des interlocuteurs de haut niveau. «Nous vendons aujourd'hui principalement des honoraires», confie-t-il.
Comfluence a jeté son dévolu sur les fédérations professionnelles soucieuses de défendre un métier, des valeurs, des intérêts. Des acteurs qui collent à son positionnement. La Fédération de l'hospitalisation privée, l'Interprofession du paysage et du végétal et l'Union sociale pour l'habitat figurent à son tableau de chasse. L'agence, qui sait créer le débat en s'appuyant sur des colloques à forte valeur ajoutée, gère également la conception éditoriale et la rédaction en chef de Regards sur le numérique, le «consumer d'influence» de Microsoft (20 000 exemplaires).
Enfin, l'agence s'inscrit dans une culture du résultat. En faisant appel à des instituts d'études, elle évalue l'impact de ses actions au regard des objectifs assignés. Ce qui est particulièrement apprécié des organisations professionnelles, mettant en jeu l'argent de leurs adhérents. Avec 12 permanents et une marge brute 2010 de 1,2 million d'euros, Comfluence s'apprête à accueillir deux nouvelles recrues dans ses nouveaux locaux parisiens de la rue de Courcelles.
L'accoucheur
Serge Perez, fondateur des Ateliers Corporate
La douloureuse fusion de Publicis Consultants présidé par Éric Giuily et de Media System qu'il dirigeait, c'est désormais du passé. N'ayant pas trouvé sa place dans la nouvelle structure, Serge Perez est aujourd'hui, à 56 ans, de nouveau libre de conseiller les entreprises comme Bull, Bouygues Telecom, Macif, Société générale, Alliance Healthcare France, Fnac, GDF-Suez, etc.
Créée en 2009, sa société (2 millions d'euros de marge brute et 10 salariés) s'appelle Les Ateliers Corporate. Tout un programme. «Les agences ne sont plus adaptées aux attentes des entreprises évoluant dans un monde complexe et en mutation, explique Serge Perez. Les briefs traditionnels qui appellent des réponses pleines de certitudes données par des agences tayloriennes tenues de faire tourner des lignes de production, c'est fini.»
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