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Indignés, bienvenue au Club

Création

10/05/2012 -

«Indignez-vous !» Tel était le brief, succinct mais riche en actualité, que le concours étudiants du Club des directeurs artistiques a soumis aux écoles d'arts graphiques pour sa dixième édition.

Depuis sa création en 2002, le concours étudiants du Club des directeurs artistiques - qui s'adresse aux élèves des écoles d'arts graphiques de tous niveaux - a cherché à être en résonance avec l'actualité, à faire travailler les jeunes talents sur des sujets du moment. C'était particulièrement aigu cette année, avec le brief adressé aux candidats: «Indignez-vous!»

Le mouvement des Indignés a été l'un des faits marquants des derniers mois en Europe et aux Etats-Unis. Mais comme l'observe Bertrand Suchet, président du Club des directeurs artistiques, dans un texte liminaire adressé aux candidats, «ce mouvement pourtant initié par un Français [Stéphane Hessel] manque de visibilité en France. On a tous vu les sittings dans des lieux stratégiques, Wall Street, La City, les parlements, mais il manque peut-être encore des idées au mouvement. Des messages qui donneront envie d'adhérer, de soutenir ou de prendre des initiatives. Une source de motivation. Le mouvement doit avoir un second souffle. Ce en France, mais partout ailleurs».

Il s'agissait donc pour cette édition 2012 du concours étudiants d'imaginer des actions «militantes» de communication pour faire davantage connaître les Indignés en tant que mouvement intellectuel et ce, avec une contrainte forte: pas d'achat d'espace. Pour le reste, tout était possible: guérilla urbaine, buzz, Internet, affichage sauvage, badges, street marketing, détournements, opérations spéciales... Plus de trente écoles ont participé, inscrivant plus de huit cents travaux.

Si la qualité générale n'était pas au rendez-vous cette année, le prix en revanche a frappé les jurés (1) par sa justesse stratégique tant en termes d'idée que dans le choix des moyens. Ariel Martin Perez et Sara Tazartez, de l'Ecole de communication visuelle-ECV Paris, ont imaginé de mettre en rapport les plaques de rue des grandes capitales du monde avec d'autres plaques - nouvelles - qui rappellent autant de motifs d'indignation (voir ci-contre). Le jury a aussi attribué trois nominations: Alex Delauw-Rivière, Arthur Alazard, Pierre Courtois et Victor Tual de l'école ENSAAMA-Olivier de Serres (catégorie rédaction) ; Emma Gautier, Lucie Bascoul et Sarah Duclent, de l'école Estienne (dispositif général) ; Cécile Pimont et Charles Dessaux, de Sup de création-Roubaix (dispositif général).

Retour sur l'édition 2012 avec Isabelle Schlumberger, directrice générale de JCDecaux, sponsor du concours étudiants et présidente du jury, et Bertrand Suchet, président du Club des directeurs artistiques, dont le mandat - son troisième et dernier consécutif - court jusqu'en février 2013.

Que pensez-vous des travaux présentés cette année et du travail des lauréats?

I.S. Le brief était - nous le pensions - très enthousiasmant pour des étudiants, avec le travail de fond demandé pour accompagner en France le mouvement des Indignés. Il faut reconnaître que certains travaux se sont avérés décevants, inaboutis, comme dépassés par l'ampleur du sujet. Le travail présenté par les lauréats n'en a que plus de prix, par sa réponse parfaite au brief mais aussi sa dimension internationale et très participative.

B.S. D'année en année, le brief devient de plus en plus complexe, de plus en plus professionnel, et les étudiants sont de moins en moins aptes à répondre à l'intégralité du brief. C'est logique, car les écoles préparent souvent les étudiants à des spécialités différentes. Aussi, le travail récompensé correspond-il à des réponses plus spécialisées de la part des écoles et des étudiants. Cela peut simplement être le dessin d'une nouvelle typographie, un site Web, une mécanique générale, un type de rédaction, de graphisme ou d'illustration. Comme toutes les années, les lauréats ont été sélectionnés pour l'excellence du travail ou partie présentés. Plus souvent pour la partie, d'ailleurs.

L'enseignement dans les écoles de publicité et de création vous paraît-il satisfaisant?

B.S. A niveau d'années comparables, certaines écoles sont supérieures à d'autres, simplement parce qu'elles sont plus spécialisées. Aujourd'hui, peu ou pas d'écoles sont capables de répondre à l'intégralité des briefs, tels que nous les posons. C'est dommage, mais cela est compréhensible. Le Web est globalement, et en dépit des apparences, en retard. Par exemple, le brief de cette année, le sujet des Indignés, était une porte grande ouverte à la création d'un dispositif réel, un site en ligne actif. Nous nous attendions à des propositions en état de marche, voire avec déjà des résultats. Mais toutes n'ont présenté que des exercices théoriques. C'est incompréhensible. Et dommage.


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Réactions

SNPTV

«La publicité sur France Télévisions doit s'arrêter»

«Si, comme il l'a proposé, François Hollande décide de revenir sur la loi audiovisuelle et, finalement, de conserver la publicité sur France Télévisions avant 20 heures, cela risque de mettre de mettre les chaînes privées dans une situation difficile. Le marché publicitaire est compliqué, car les investissements ne progressent pas et six nouvelles chaînes gratuites arrivent d'ici fin 2012. Ce n'est pas jouable. Dans ce cadre, nous sommes également défavorables à une augmentation de la taxe sur la publicité pour financer le service public audiovisuel. Par ailleurs, nous attendons du nouveau gouvernement une révision de la réglementation, notamment avec l'ouverture de secteurs interdits. Il n'est pas normal de garder des distorsions réglementaires entre la télévision et Internet. Il y a des incohérences à résoudre.»

Martine Hollinger, présidente du Syndicat national de la publicité télévisée

 

SEPM

«Ne pas distinguer les aides à la presse selon le contenu»

«Il ne faut pas accorder à cette proposition d'un recentrage des aides sur la seule presse d'information politique et générale une importance extraordinaire, ce n'est pas quelque chose d'acquis. Il faut surtout attendre de voir ce qu'il va se passer dans les mois qui viennent. De toute façon, les aides directes sont déjà concentrées à 98% sur la presse d'information générale. Restent les aides indirectes, comme les aides postales et la TVA. Sur le fond, le syndicat a adressé un courrier à François Hollande dans lequel nous expliquions la difficulté de détricoter une solidarité construite et acquise. Ce serait un précédent grave. La France serait le seul pays où l'Etat distinguerait les titres selon leurs contenus. Dans les autres domaines, comme dans le monde des livres ou le spectacle vivant, il n'y a pas une telle distinction sur le contenu.»

Pascale Marie, directrice générale du Syndicat des éditeurs de la presse magazine

 

SPQR

«Un traitement particulier pour la presse d'information»

«Cibler les aides sur la presse d'information politique et générale apparaît comme une évidence. C'est indispensable que cette presse qui concourt à la vie démocratique soit traitée de façon particulière. Pour autant, quelques aides sont des éléments nécessaires, de survie pour l'ensemble de la presse. Il faut par exemple étudier l'efficacité des aides postales, à la distribution ou au portage, sachant qu'il est important que cette dernière soit maintenue pour la presse quotidienne régionale.»

Jean Viansson-Ponté, président du Syndicat de la presse quotidienne régionale

Bureau de la radio

«Les grands groupes radio ont suffisamment de contraintes»

«En cette période de crise économique majeure, chacun doit prendre conscience de la nécessité pour chaque média d'avoir un espace économique significatif. Contrairement à la télévision, il n'y a pas de problème de concentration en radio. Il ne faut pas tomber dans la caricature d'un étranglement des grands groupes. Ceux-ci doivent avoir un potentiel de développement suffisant, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui. Nous avons suffisamment de contraintes pour ne pas en ajouter de supplémentaires. Les grands groupes doivent pouvoir s'épanouir normalement.»

Michel Cacouault, président du Bureau de la radio

Professionnels pubs

AACC

«La publicité ne doit pas être diabolisée»

«En termes de concentration, fermer l'accès de nos groupes médias à des sources de financement plus larges prépare le lit d'une standardisation des contenus et l'hégémonie de ceux qui se financent à l'échelle mondiale. Nous sommes opposés à une taxe des investissements en communication qui freinerait de façon significative le développement de l'économie numérique en France. En revanche, une taxe sur les opérateurs est une solution juste qui doit passer par une législation européenne. Sur la protection des données personnelles sur le Net, une réglementation différente de celle de Etats-Unis, par exemple, mettrait automatiquement nos acteurs en position de faiblesse. Nous considérons que la publicité ne doit pas être diabolisée et qu'il n'est pas démontré qu'elle soit responsable de l'obésité chez le jeune public. Nous avons, par contre, conscience de la nécessité de veiller au contenu des messages diffusés, déjà extrêmement réglementé. Enfin, concernant l'usage des cookies, la publication récente de l'ordonnance Paquet télécoms semble mieux à même de s'appliquer à la diversité des solutions technologiques et des méthodes susceptibles d'être mises en œuvre par les acteurs de la publicité ciblée en ligne.»

Frédéric Winckler, président de l'Association des agences-conseils en communication

 

UDA

«Cookies: la législation actuelle est satisfaisante»

«François Hollande semble privilégier d'autres voies que celle d'une taxe sur la publicité en ligne pour régler la question de la fiscalité des géants du Net, et l'UDA s'en réjouit. C'est en effet le modèle publicitaire qui finance la diffusion des contenus créés. Les annonceurs sont prêts à encourager leurs prestataires – agence médias, régies – à prendre toute mesure permettant d'éviter que leurs publicités se retrouvent sur des sites illégaux. Nous partageons le point de vue de François Hollande sur le cadre juridique des cookies. La législation française actuelle est satisfaisante et a permis de trouver un point d'équilibre entre respect de la vie privée de l'internaute et économie numérique. Ce serait une erreur d'avoir une définition trop extensive de la notion de donnée personnelle – beaucoup de données circulant sont anonymes – ou une vision trop stricte du consentement, sous peine de bloquer le fonctionnement de l'économie numérique et la mise à disposition de services gratuits aux internautes. L'UDA se réjouit que la suppression totale de la publicité dans la journée sur les chaînes du service public ne soit pas une option retenue par le nouveau président. Un élargissement de l'offre permettrait à toutes les entreprises, y compris les PME et les TPE, d'accéder au média télévision dans les meilleures conditions techniques et économiques.

Concernant l'opportunité de créer une chaîne jeunesse sans publicité, elle ne nous semble pas justifiée dans la mesure où les messages publicitaires diffusés sur les chaînes pour enfants sont respectueux de cette catégorie de public sensible.»

Gérard Noël, vice-président directeur général de l'Union des annonceurs

 

ARPP

«La régulation fait ses preuves»

«Aux professionnels de démontrer que la régulation concertée avec toutes les parties prenantes de la publicité s'applique déjà, avec une efficacité reconnue, à d'autres préoccupations légitimes: le développement durable, les comportements alimentaires, les jeux d'argent, les produits et services de placement, mais surtout à la publicité interactive et numérique.»

Stéphane Martin, directeur général de l'Autorité de régulation professionnelle de la publicité

 

Udecam

«Le statu-quo pour France Télévisions»

«Il faut réorienter les investissements en faveur de la presse afin d'accélérer l'émergence d'une filière numérique dans ce secteur. Pour la publicité sur France Télévisions, l'Udecam est favorable au statu-quo et ne souhaite pas aller jusqu'à la suppression totale. En matière de publicité alimentaire et de respect de l'image de la personne humaine, nous sommes favorables à ce qu'il y ait des espaces protégés mais, attention, le poids de la publicité dans le PIB en France est déjà l'un des plus faibles du monde. Pour la taxe Internet, nous sommes plutôt favorables à la piste récemment évoquée par François Hollande et proposant la création d'un statut d'“établissement virtuel stable” qui permettrait de prendre en compte des revenus générés dans l'Hexagone pour le calcul de l'impôt sur les sociétés. Enfin, sur le thème de la concentration, l'Udecam rappelle que par rapport à leurs concurrents étrangers, les groupes français sont sous-capitalisés, pas assez grands, pas assez internationalisés et insuffisamment digitalisés.»

Sébastien Danet, président de l'Union des entreprises de conseil et d'achat média

 

Démocratie & Communication

«Réformer la loi du 15 janvier 1990»

«François Hollande, en tant que premier secrétaire du Parti socialiste, s'était montré plutôt ouvert en ce qui concerne la modernisation des émissions de la campagne officielle à la télévision et la réforme de la loi du 15 janvier 1990, sous réserve que le principe des plafonds de dépense ne soit pas remis en cause afin de ne pas léser les petits partis. Il conviendrait donc que le nouveau gouvernement se saisisse du sujet et propose une réforme globale en supprimant certaines dispositions, notamment l'interdiction de communiquer par voie de presse ou d'affichage en période électorale.»

Frédéric Maillard, fondateur et porte-parole de Démocratie & Communication

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