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télévision

Be In Sport, l'autre canal

19/12/2013 - par Bruno Fraioli

La montée en puissance de Be In Sport n’est pas anecdotique pour Canal+. La bagarre autour des droits sportifs prend un virage stratégique avec l’appel d’offres du rugby et de celui du foot fin 2014.

Nous n'en étions qu'aux amuse-bouches. La bagarre entre Canal+ et Be In Sport, rebaptisé Be in Sports (au pluriel), débute maintenant avec le hors-d'œuvre : l'appel d'offres du Top 14, lancé mardi 3 décembre par la Ligue nationale de rugby. Le plat de résistance est prévu pour le dernier trimestre 2014 avec les droits de la Ligue 1 de football.

Installée dans le paysage audiovisuel français depuis juin 2012, la chaîne sportive donne du fil à retordre à Canal+. La télévision financée par le groupe qatari Al-Jazira Sport piétine depuis dix-huit mois les plates-bandes de sa rivale, dont le sport est l'une des trois motivations d'abonnement, avec le cinéma et les séries.

Jusqu'alors, Canal+ s'était régalée de la concurrence : fusion de TPS en 2005, disparitions d'Orange Sport et de C Foot en 2012. Profitant du trésor sans fin de l'émirat, Be In Sport est un adversaire plus coriace. Même si, selon une étude récente et confidentielle, la chaîne du groupe Vivendi est, pour les Français, la télé de référence de la Ligue 1 pour 43% des répondants, devant TF1, avec 30% (*), et Be In Sport qui affiche déjà un taux de 21%.

La chaîne qatarie s'est construit une grille solide avec notamment, en foot, huit matchs en exclusivité par journée de Ligue 1 (les deux autres, sur Canal+, sont en différé), tous les matchs de la Ligue des champions (excepté la meilleure affiche chez Canal+), les matchs américains de la NBA en basket-ball (soufflés à Canal+), le tournoi de tennis de Wimbledon et les 20 principales compétitions (chipées aussi à Canal+), du handball, du cyclisme, du judo, etc.

Le grand méchant sans limite budgétaire

Le recrutement est exponentiel. En septembre 2013, Be In Sport annonçait avoir atteint 1,5 million d'abonnés. Fin 2013, la chaîne approcherait les 2 millions. «Be In Sport veut être la référence du sport payant, confie un professionnel des droits sportifs. Mais, ce n'est pas forcément le grand méchant sans limite budgétaire que Canal+ décrit régulièrement. Les prix payés par la chaîne ne sont pas du tout hors du marché.»

En fait, quand Be In Sport dispose d'un portefeuille d'environ 500 millions d'euros de droits annuels, Canal+, qui n'a pas souhaité répondre à Stratégies, en investit 800. «Notre stratégie est d'avoir la totalité d'une compétition, et l'exclusivité, pour raconter des feuilletons complets», explique Florant Houzot, directeur de la rédaction de Be In Sport.De son côté, Canal+, qui a sécurisé des droits stratégiques, comme le football anglais, et s'est offert la Formule 1 [Ex-TF1], concentre ses moyens sur les meilleures affiches, le «premium»: la chaîne a un statut de généraliste.

Dans ce contexte, la bataille pour s'adjuger les droits du rugby revêt une dimension particulière. «Lorsqu'on analyse le profil des gens regardant le sport en direct sur Canal+, on constate une surreprésentation d'habitants du Sud-Ouest, laissant à penser que le rugby est un élément important de la grille, observe Virgile Caillet, directeur de Kantar Sport. Ceci est corroboré par le fait que le rugby est le deuxième facteur d'abonnement après le foot.»

Sans mettre à mal son modèle économique, la montée en puissance de Be In Sport égratigne tout de même la marge nette du groupe Canal+. «L'alternative est réelle aujourd'hui dans les familles qui peuvent choisir aussi une offre de vidéo à la demande et Be In Sport pour profiter de cinéma et de sport», note le dirigeant d'une agence de marketing sportif.

En 2014, le ton entre les deux chaînes risque de monter encore d'un cran à l'automne avec l'arrivée du plat principal, la Ligue 1. Quant au dessert, il risque d'être salé. Les arrivées des grands groupes américains en Europe, comme Fox Sport en Italie et Discovery qui met la main sur Eurosport, augurent de nouvelles concurrences pour Canal+. Comme pour Be In Sport.

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