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Digital

Batx vs Gafa, l’aventure dont vous pouvez être le héros?

08/06/2017 - par Vincent Montet, chief digital officer d'Efap/EJF/Icart

Ce titre aux consonances voisines d’un prochain film de Marvel annonçant la bataille entre super-héros et super-vilains n’est pourtant en rien une accroche fictionnelle. Il annonce une réalité parfois méconnue chez nous: l’économie et l’usage numériques chinois sont de loin les plus avancés de la planète.

Qui ne connaît pas les Gafa (Google, Amazon, Facebook et Apple), acronyme symbolisant la prédominance de ces acteurs, jadis dans l’économie numérique et aujourd’hui de plus en plus dans l’économie réelle. Ces entreprises continuent de changer les modèles, d’apparaître dans des territoires bien loin du web (génétique, santé, voiture autonome, réalité virtuelle…). A la lecture trop rapide d’une presse économique, elles semblent dominer le monde. L’Europe dans un premier temps? Cela est certain, tant cette dernière n’a réussi ni à faire apparaître ni à fédérer des énergies pour la naissance de champions européens. Le monde dans sa globalité? Certainement pas, car de l’autre côté, vers l’Est, un pays, la Chine, ne les a pas laissé entrer et a su pousser ses propres acteurs, aujourd’hui des géants incontestables: les Batx (Baidu, Alibaba, Tencent et Xiaomi).

Baidu indexe, comme Google (quasi-inexistant en Chine), plus de 800 millions de pages, on ne peut accéder au web chinois sans cet acteur. Netflix vient de passer un accord avec lui pour une présence dans ce pays.

Alibaba, qu’un raccourci malvenu compare à Amazon, est le géant local de l’e-commerce. Mais là où l’acteur américain peut apparaître comme détruisant de la valeur en «effaçant» le commerce physique, Alibaba, lui, est aussi une place de marché réel diffusant les offres des commerçants en bas de chez vous. Il n’est pas rare de demander un produit dans une boutique à un commerçant et si le produit en question est absent, qu’on vous réponde «Va voir sur Alibaba» tant ce dernier n’est pas son ennemi. Le chiffre d'affaires d’Alibaba équivaut à celui du commerce électronique américain.

Quand à Tencent, avec la marque de son réseau social We Chat, elle est entrée l’année dernière en sixième position des dix premières sociétés mondiales en capitalisation boursière. Imaginez que dans les couloirs d’une école de commerce, vous tombiez sur cette conversation entre étudiants: « T’as pas 50 euros? Je te les rends sur Facebook.» Et bien à Shanghai, la traduction, non fictionnelle, est: «T’as pas 100 Yuans? Je te les rends sur We Chat.» Vous allez dans la rue et les vélos en libre-service, qui n’ont pas de stations fixes, donc librement entreposés sur les trottoirs, se déverrouillent et se règlent avec un de ces acteurs. Vous voulez payer votre électricité, vos impôts, votre taxi? Sortez votre mobile et votre ID du réseau social. Que dire d’un café récemment vu qui, sur sa devanture, affiche «No cash» (paiement uniquement avec mobile). Avec presque 900 millions d’utilisateurs, We Chat a créé plus de 18 millions d’emplois en Chine, soit deux fois la population de New-York. Et si vous suivez les différentes conférences du fondateur de Facebook, We Chat est officiellement le phare de la feuille de route de l’américain.

Enfin, Xiaomi, constructeur de smartphones, entre autres, a dépassé en part de marché les Samsung et autre Apple, en moins de cinq ans. Ce géant a fait passer la Chine au Mobile Only (là où les Européens commencent à parler de Mobile First).

Shangai, «the place to be»

Pour un étudiant en fin de cursus (Bac+4/5, à la recherche d’une spécialisation en marketing-communication), la seule question à se poser est: qui seront les prochains acteurs du siècle? Et si un étudiant avide de comprendre le nouveau monde et de s’ouvrir les portes des innovations planétaires se devait d’aller dans la Silicon Valley, il y a dix ans, Franck Desvignes, le patron de l’innovation Asie pour Axa, nous l’affirme: «C’est aujourd’hui à Shanghai que tout se joue, incontestablement devenue “the place to be”.»

Trois raisons essentielles, trois mouvements fondamentaux sont à prendre en compte pour comprendre les bénéfices, en terme d’employabilité, pour un futur diplômé qui voudrait le monde comme terrain de jeu:
1. Etre Utile pour l’exportation. Aucune entreprise occidentale souhaitant s’implanter en Chine ne peut se passer du digital. Et son savoir- faire, ses reflexes pré-numériques (TV, affichage, presse…), mais aussi numérique (Gafa) ne lui seront d’aucune utilité.
2. Etre Utile pour les géants chinois. Les Batx, forts de leur marché intérieur – loin d’être saturé car il reste près de 50% de la population à connecter – ne vont pas rester chez eux. De l’Europe à Afrique en passant par la Russie, ils se lancent déjà. Après Moscou, Alibaba a ouvert des bureaux à Paris.
3. Etre Utile à tous. Fred Raillard, fondateur et CEO de Fred&Farid, agence présente en Chine, et impliqué dans le board pédagogique de notre formation, déclare: «Intégrer les usages des millennials chinois, c’est intégrer les usages qui arriveront chez nous dans les cinq prochaines années.»

Et s’il fallait s’adresser à une génération pré-numérique, l’expression du siècle dernier «Quand la Chine s’éveillera…» rappellera peut-être à certains d’où nous sommes partis. Pourtant, l’expression aujourd’hui devrait être: «Quand allons-nous nous éveiller à la révolution digitale chinoise?»

Ce sont à nos yeux les étudiants, profils aux compétences uniques au monde, de cette promotion Efap/Essca à Shanghai, associée au think tank Hub Institute et à la French Tech Shanghai, qui répondront dans les marchés mondiaux à cette question. Ils sont – pour la première promotion – et seront les héros de cette nouvelle aventure professionnelle.

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