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Accueil > Actualités > Marques > Jacques Bungert et Frédéric Torloting: En double pour Courrèges

Jacques Bungert et Frédéric Torloting: En double pour Courrèges

13/07/2011 - Venus du monde de l'événementiel, Jacques Bungert et Frédéric Torloting, ex-coprésidents de Young & Rubicam France, se lancent dans une nouvelle aventure en reprenant la maison de couture Courrèges. Une trajectoire atypique.

Dimanche 31 octobre 2009. Frédéric Torloting vient de franchir la ligne d'arrivée du semi-marathon Marseille-Cassis. Dans la foule, le coprésident de Young & Rubicam France aperçoit une spectatrice qui le mitraille avec son appareil photo. Il reconnaît vite en cette «groupie» d'un jour une de ses toutes nouvelles connaissances: Coqueline Courrèges. Passé la surprise de ce face-à-face inattendu, il lui propose de déjeuner. «Non, merci. Je voulais juste savoir qui vous étiez», lâche-t-elle énigmatique avant de s'éclipser. Quelques semaines plus tard, la pétillante créatrice de soixante-quinze ans proposera au publicitaire et à son alter ego, Jacques Bungert, de reprendre la maison de couture qu'elle dirige seule, depuis que son époux André Courrèges s'est retiré en 1996. 

Tout a commencé six mois plus tôt par la publication dans Le Figaro madame d'une tribune sur la valeur de la marque, intitulée «Marque à l'ombre» et signée par les patrons de la Young. «C'est après la lecture de cet article que Coqueline Courrèges a souhaité nous rencontrer», raconte Frédéric Torloting. La styliste se confie très vite aux deux publicitaires. Au fil des nombreuses rencontres qui suivent, sont évoqués «ses projets de cession… ses contacts sans suite avec LVMH et un groupe japonais… sa volonté farouche de transmettre plus que de vendre». Ils parlent aussi beaucoup de mode («un mot qui ne lui plaît pas») et bien sûr de l'histoire de la maison Courrèges et d'André, sorte de «Le Corbusier de la couture» aujourd'hui âgé de quatre-vingt-huit ans, un Béarnais ingénieur de formation qui fonda la célèbre griffe en 1961.

Manifestement, le courant passe entre ces trois-là. «Coqueline est une pionnière. Elle a conçu en 1968 le premier prototype de voiture électrique, s'émerveille encore Jacques Bungert. Elle cherche des solutions plus que de pures idées créatives. Elle part de l'insight consommateur, comme on dit dans la publicité.» C'est donc naturellement, et semble-t-il après avoir trouvé la réponse à l'étrange question qu'elle ne cessait de leur poser, «Qui voulez-vous être?», que Coqueline décide fin 2009 de leur céder la maison Courrèges.

Des entrepreneurs avant tout

Reste pour les deux patrons de la Young à trouver les fonds. Ils se tournent vers les grandes banques parisiennes… sans succès. Ce sera finalement à Metz, leur ville natale, qu'ils décrocheront le précieux sésame. La Banque populaire de Lorraine Champagne, qui les connaît bien pour avoir relancé avec eux l'Open de Moselle de tennis en 2010, décide de les suivre dans cette aventure, pour un montant non révélé.

Jacques Bungert et Frédéric Torloting préparent donc leur sortie de Young & Rubicam. La maison mère WPP est prévenue au cours de l'été 2010. En interne, les rumeurs commencent à courir. Mais nul n'est vraiment surpris. «Les choses étaient claires depuis le début», se rappelle Régis Lefebvre, ex-vice-président chargé de la communication corporate de Young & Rubicam, aujourd'hui associé au sein de l'agence Blue. «Très tôt, ils ont évoqué leur volonté de reprendre ensemble une entreprise. Pour eux, c'était une évidence: après la Young, ils ne rejoindraient pas un autre groupe publicitaire. Ce sont avant tout des entrepreneurs!»

Leur parcours en témoigne. Fraîchement diplômés de l'École supérieure de commerce de Lyon en 1988, ils se promettent de créer ensemble leur propre entreprise. Le projet prendra très vite forme. Ils n'ont guère plus de vingt ans quand Frédéric Torloting, qui travaille pour une société d'images de synthèse à Grenoble, propose à son copain de quitter une situation en or chez BSN à New York, où il gère la marque Evian, pour lancer leur propre boîte. Ainsi naît en 1989 Pro Deo, une agence de production vidéo dont le premier budget est BSN. Un client fidèle avec lequel se nouera une relation privilégiée scellée en 1993 à l'occasion de la réalisation d'un film institutionnel pour le futur groupe Danone. Jacques Bungert se lie alors d'amitié avec Franck Riboud, à l'époque vice-président en charge de la communication.


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courrèges, frédéric torloting, jacques bungert, young & rubicam

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