
03/08/2012
Sold Out. Complet. Les organisateurs des Jeux olympiques de Londres ne cessent de le répéter: tous les billets ont été vendus. Pourtant, les téléspectateurs britanniques ne comprennent pas que des rangées et des blocs entiers de sièges soient vides dans les tribunes. Un polémique que les tabloïds anglais ont repris sur leurs Unes.
Les premiers coupables pointés du doigt sont les sponsors, ou plutôt leurs invités. Malgré un billet en poche, une partie de ces VIP ne prendrait pas la peine de se déplacer pour assister aux compétitions. Trop tôt, trop loin, trop de fatigue, envie de shopping... les excuses sont nombreuses. Même si le ticket a été offert, quelques-uns n'ont aucune gêne de se porter pâle sans prévenir leurs invitants.
Mais les sponsors, qui profitent de 8% des 8,8 millions de billets édités, ne sont pas les plus gros bénéficiaires. Ce sont les comités olympiques nationaux, avec 12% de l'allocation totale. Avec les fédérations sportives internationales, qui en reçoivent 5%, elles trustent 1,5 million de billets. Au total, un quart des places est donc réservé aux invités. Ce taux est comparable aux autres grands événements sportifs.
«Moi, je n'ai pas vu de sièges vides», affirme Denis Masseglia, le président du Comité national olympique et sportif français (CNOSF), qui s'étonne de cette polémique. «Concrètement, nous avons bénéficié d'environ 85 000 places. La France a perçu la deuxième allocation après la Grande-Bretagne. Sur ce compte, le CNOSF a gardé 12% des tickets. Le reste a été mis en vente auprès du grand public français et cette opération est organisée par notre agence officielle, Eventeam».
Chez Eventeam on confirme: «Nous avons écoulé 95% des places», indique Igor Juzon, le président de l'agence. Au Club France, à Londres, l'agence met quotidiennement en vente les derniers billets disponibles. Certains sont directement rétrocédés par le CNOSF. «La demande est très forte, poursuit le dirigeant. La file d'attente atteint parfois 300 mètres».
Mais à qui sont donc les places vides, souvent visibles lors des retransmissions télé ? «Nous avons eu 20 000 places pour le football, et c'est beaucoup trop», reconnaît Denis Masseglia. Au total, le comité d'organisation avoue que 200 000 billets pour le football n'ont pas été vendus. Les stades étaient trop loin de Londres et de sa fête olympique. «Pour le reste, nous réservons toujours des places pour des invités importants de dernière minute», confie le président du CNOSF qui s'appuie sur les Jeux pour réaliser une vaste opération de relations publiques auprès des personnalités politiques et des élus. Ceux sont eux qui votent les budgets pour le sport.
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