Dans une étude publiée le 12 octobre, KPMG se penche sur les défis de demain pour les patrons des grandes entreprises. Il en ressort que les dirigeants français se sont déjà saisis des enjeux et affichent un optimisme accru par rapport à leurs homologues. 

Les dirigeants des grandes entreprises françaises ont déjà bien intégré l'IA (intelligence artificielle) et les préoccupations ESG (environnementales, sociales, de gouvernance) dans leur feuille de route, selon une étude1 publiée jeudi 12 octobre par KPMG.

Par ailleurs, l'enjeu politique et géopolitique est aujourd'hui le défi le plus important qu'elles identifient, bien devant les questions liées à la production elle-même : 60% des patrons français - contre 64% dans le monde y compris la France - adaptent leur stratégie à cette réalité de crises multiples et interconnectées, selon la 9e édition du KPMG CEO Outlook. La hausse des taux d'intérêts et les politiques monétaires restrictives en inquiètent huit sur dix.

L'ESG pour créer de la valeur et attirer les talents

Les trois quarts (75%) des dirigeants français (69% dans le monde) ont déjà « pleinement intégré l'ESG dans leurs activités en tant que moyen de création de valeur », d'après cette étude. Les deux tiers (65%) d'entre eux considèrent désormais l'IA générative comme une priorité d'investissement (69% dans le monde) et 88% en espèrent un retour sur investissement d'ici 5 ans. « Proposer de la valeur pour les employés » devient la deuxième priorité opérationnelle des chefs d'entreprise français, juste derrière l'accélération de la transformation numérique de leur entreprise.

Déjà 16%¨d'entre eux considèrent que le développement de l'ESG dans l'entreprise contribuera à attirer la prochaine génération de talents. Plus de 7 sur 10 estiment que le succès futur de l'entreprise dépendra de plus en plus d'un « style de management collaboratif assorti d'un partage des responsabilités ».

Le travail au bureau, plutôt qu'en télétravail, est cependant privilégié par plus de 60% d'entre eux, en France comme à l'international, par rapport à des formes de travail hybride (présentiel et télétravail), soutenues par 1 dirigeant sur 3.

Des dirigeants français « pragmatiques » malgré les vents contraires

En général, les dirigeants français sont plus optimistes que les autres : 84% le sont pour les perspectives de l'économie du pays à trois ans, contre 78% dans le monde vis-à-vis de leur propre pays. Ils sont aussi optimistes sur l'évolution de leur secteur, à 81% (77% dans le monde). Et 83% ont confiance dans les perspectives à 3 ans de leur propre entreprise, (77% dans le monde).

« Malgré les vents contraires du contexte économique, les dirigeants français font preuve d'un pragmatisme et d'une agilité qui leur permettent d'être confiants dans leur capacité à préserver et renforcer la rentabilité de leur entreprise à moyen terme », observe Mathieu Wallich-Petit, membre du comité exécutif de KPMG en France.

1 Enquête conduite du 15 août au 15 septembre auprès de 1 325 dirigeants, dont 75 français, d'entreprises ayant un chiffre d'affaires supérieur à 500 millions de dollars, voire 10 milliards de dollars pour un tiers d'entre elles.