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Régions

Ces Parisiens qui ont réussi en région

03/03/2021 - par Vincent-Xavier Morvan @vincentxaviermo

Bien avant la crise sanitaire, ils ont quitté Paris pour monter en région leur agence ou leur média. Ces pionniers expliquent comment ils y sont parvenus.

Élodie Van Zele, ambassadrice de Marseille

Une Parisienne nommée ambassadrice de la ville de Marseille, vous ne rêvez pas. C’est arrivé à Élodie Van Zele en 2013, quelques années seulement après son arrivée dans la cité phocéenne. Rien ne prédestinait cette Parigote pur jus à débarquer un jour sur les rives de la Méditerranée. En 2009, après plusieurs années à organiser des avant-premières de films pour Studio Canal et Mars Distribution, elle décide de larguer les amarres et choisit un peu au hasard, entre Lyon et Marseille, la seconde, « pour la mer », dit-elle. Une fois sur place, Élodie est persuadée que, forte de son expérience, elle va trouver facilement un job. « J’ai envoyé des CV partout, et pas de retours. Je me suis dit que le meilleur moyen de me faire connaître serait de créer un blog lifestyle, sur le modèle de My Little Paris. Ce serait un peu ma carte de visite », se souvient-elle. Bingo. Chut mon secret, aujourd’hui décliné sur Instagram avec plus de 30 000 abonnés, lui ouvre les portes de la cité phocéenne. Elle assure une chronique sur une chaîne locale, se voit confier des missions sur le tourisme par les collectivités, monte un marché de créateurs, organise des soirées et des événements, crée même une ligne d’escarpins au nom de son blog… La crise sanitaire, si elle ralentit aujourd’hui son activité et l’incite à prendre du recul dans sa maison de campagne de la Drôme provençale, n’a pas freiné ses ardeurs. Il faut juste « se réinventer », dit l’influenceuse âgée de 49 ans, constatant aujourd’hui à Marseille « une arrivée incroyable de Parisiens qui étouffaient dans la capitale ». Un conseil pour eux ? « Marseille est la ville où tout est possible, mais ça demande de l’énergie. Beaucoup s’installent ici et repartent au bout de deux ou trois ans avec l’impression qu’il ne se passe rien. Mais il faut bouger, commencer par aller à un vernissage, suivre des gens comme moi… Il faut savoir planter sa graine, pas attendre de cueillir la fleur. »

 

Gabrielle Denis, tout au culot

Quand on s’installe dans une ville où l’on est un parfait inconnu, il faut prendre les devants. Gabrielle Denis, une fois lancée à Bordeaux son agence de communication éditoriale Editoile, y est allée au culot. « J’ai créé un blog sur le développement économique local et je me suis fait une liste d’une centaine de personnes que j’ai appelées en leur disant "je veux vous rencontrer" », raconte cette ancienne journaliste en presse économique qui a grandi à Paris. En 2005, cette intrépide atterrit à Biarritz. « Mais je n’y ai jamais trouvé de travail. Au Pays Basque, on a du mal à décrocher des contacts », se souvient-elle. Changement complet à Bordeaux, ville pourtant réputée fermée, où elle arrive en 2009. « J’ai rencontré une personne d’une grande agence de communication, qui m’a proposé de fonder une société dont je serais la gérante », raconte-t-elle. Editoile, aujourd’hui orientée sur le web, a embauché au bout d’un an, puis est montée jusqu’à quatre salariés. « Ici, je n’ai jamais eu aucun problème pour décrocher un rendez-vous, quelle que soit la place de mon interlocuteur dans l’organigramme. À Paris, cela aurait été impensable », avance-t-elle. Mais la réussite passe aussi par les réseaux. « Je suis inscrite à trois ou quatre associations locales, on mange des pizzas, on déguste du vin, c’est sympathique », dit-elle, louant la qualité de vie trouvée sur les bords de Gironde, où elle a pu acquérir un appartement de 100 m2. Impensable, là aussi, à Paris…

 

Camille Nagyos et Thomas Nardone, ultra-contents

Ces deux-là ne regrettent pas leur choix. Ultramedia, l’agence de communication éditoriale qu’ils ont ouverte à Lyon fin 2012, compte aujourd’hui une équipe de 20 personnes. Elle édite des contenus pour de grands groupes des secteurs de la banque, de la pharmacie ou de la distribution dont les sièges sont souvent à Paris. Camille Nagyos, 40 ans, et Thomas Nardone, 45 ans, se sont rencontrés dans la capitale. Le premier était alors consultant éditorial pour des agences parisiennes et le second, directeur éditorial de l’une d’entre elles. Lorsqu’ils ont décidé de se mettre à leur compte, le choix de Lyon s’est imposé en raison d’attaches familiales. « Aujourd’hui, il n’y a plus vraiment de débat par rapport au lieu où l’on se trouve. Et la crise sanitaire a encore renforcé cet aspect », remarque Camille Nagyos. La distance, dit-il, « n’est pas un sujet » car Lyon, en TGV, se situe à deux heures seulement du centre de Paris. La technologie facilite aussi le travail à distance. « Chez nos clients, depuis quelques années, se produit le même phénomène. Des directeurs de la communication déménagent à Lille, Bordeaux ou Lyon en conservant leurs responsabilités au sein de leur entreprise. Simplement, ils passent deux ou trois jours par semaine en province », observe le dirigeant. Les annonceurs ont d’autant moins de difficultés à faire appel à une agence en région qu’ils font eux-mêmes le choix de s’y installer. « Nous nous sommes aussi aperçus très vite que l’on arrivait à attirer des talents. Notre équipe, actuellement, est composée pour moitié d’anciens Parisiens », relève-t-il. Le bilan, au final, est « très positif », tant sur le plan professionnel que personnel. La qualité de vie est au rendez-vous et les prix de l’immobilier dans la capitale des Gaules restent inférieurs à ceux de Paris, même s’ils ont fortement augmenté ces dernières années.

 

Adrien Guilleminot, cap au Nord

On appelle cela une bonne surprise. En s’installant à Lille il y a cinq ans, Adrien Guilleminot ne pensait pas trouver sur place un marché aussi dynamique. « Selon moi, mon activité allait se partager à 50/50 entre mes clients parisiens et les annonceurs locaux. Or ces derniers représentent désormais 80 % de mon portefeuille. Il y a ici un marché en soi pour une petite structure comme la mienne », explique cet indépendant. Mister Edit, sa structure, propose aux entreprises de la création de contenus en B to B. Après avoir grandi en région parisienne puis étudié à Paris, Adrien Guilleminot a d’abord été journaliste dans la presse professionnelle ou économique. En 2013, il monte sa structure de conseil à Paris et déménage à Lille en 2016, quand sa compagne y trouve un travail. Même si la cité nordiste n’est qu’à une heure du périphérique, il recommande aux candidats à l’expatriation d’éviter « le hors-sol ». « J’aurais pu continuer avec mes clients parisiens, on est dans des métiers de communication, c’est facile. Mais quand on ne vous voit plus qu’épisodiquement, on a tendance à vous oublier. Si vous allez en province, essayez d’y trouver des clients », conseille-t-il. Pour cela, adhérer à des réseaux est indispensable. Lui-même est membre de Place de la communication, la principale association professionnelle locale. « Ici, l’effet recommandation joue à plein », remarque-t-il. Ce papa de deux enfants apprécie aussi la qualité de vie locale, qui fait largement oublier, selon lui, « le manque de soleil »

 

Sophie Roux et Claude Gottlieb, le coup de foudre

Leur histoire est d’abord celle d’une rencontre, en 2014. « J’avais pile 50 ans, je suis tombé fou amoureux d’elle », raconte Claude Gottlieb. À l’époque, lui est encore Parisien. Graphiste de formation, il a fait toute sa carrière dans la capitale depuis le début des années 80, notamment comme directeur de création de l’agence de communication santé Elebor puis de La Fonderie, avant de s’installer comme freelance. Elle, Sophie Roux, 56 ans, a quitté Paris, après avoir travaillé comme directrice de la publicité au groupe Moniteur, en 1996. « J’allais avoir un enfant et je ne voulais pas qu’il grandisse à Paris », dit-elle. La voilà à Mandelieu-La Napoule, sur la Côte d’Azur. « J’avais peu de chances de retrouver le même type de poste qu’à Paris », note Sophie Roux. Elle crée alors son agence digitale, qui grandira jusqu’à sa rencontre avec Claude Gottlieb. « On s’est dit que nos talents, moi sur l’image, elle sur les mots, pouvaient se conjuguer au-delà de notre vie privée », explique-t-il. Le duo crée BrandSilver en 2015, une agence de création et de stratégie de marque installée à Vence, près de Nice. Depuis, tout se passe à merveille et ils dressent de cette aventure un bilan « ultra-positif ». « Nous avons de très jolis clients, partout en France et même en Belgique. Nous avons aussi décroché plusieurs prix internationaux de design. Nous sommes en croissance chaque année, c’est le plus bel indicateur de réussite », estime-t-elle. « Le premier intérêt de créer son agence en région, c’est d’y vivre », assure Claude Gottlieb, louant les « 360 jours de soleil par an » des Alpes-Maritimes, tout en conseillant aux candidats au départ de « garder leur réseau » car « l’herbe n’est pas forcément plus verte ailleurs ».

 

Nicolas Barriquand, l’indépendant

« Je n’ai pas eu l’impression de quitter Paris. J’ai adoré mes années parisiennes, j’ai aujourd’hui beaucoup de plaisir à y retourner, mais je ne me suis jamais considéré comme un vrai Parisien. » Pour Nicolas Barriquand, 36 ans, le choix de retourner sur ses terres lyonnaises en 2016 s’est imposé naturellement. Journaliste au service Régions de L’Express, il se trouve en désaccord avec la ligne éditoriale du repreneur Patrick Drahi et saute sur l’occasion lorsque le projet Mediacités, pure player de l’information locale, émerge. Il est de l’aventure, parmi les sept fondateurs initiaux, dont cinq anciens de L’Express. Après l’ouverture du bureau de Lille, c’est lui qui inaugure celui de Lyon, en 2017. Nantes et Toulouse suivront plus tard pour cette publication revendiquant aujourd’hui plus de 4 000 abonnés. « Je n’ai aucun regret d’avoir tenté l’aventure entrepreneuriale. Actuellement, par exemple, on travaille sur une levée de fonds. Je suis associé aux discussions, c’est passionnant », dit cet ancien pigiste. À son tour, en tant que rédacteur en chef de l’édition lyonnaise, de gérer une équipe d’une dizaine de freelances, en plus d’un salarié embauché à 80 %. « À Paris, je n’aurais jamais pu faire le tour de tous mes confrères. Ici, en six mois, je connaissais tout le monde », explique Nicolas Barriquand, en confiant « se tenir à l’écart de tous les jeux d’influence » locaux pour préserver son « indépendance ». Il est désormais, aussi, papa de trois enfants. Impossible dans un petit 45 mètres carrés à Paris. « Des villes comme Bordeaux ou Nantes attirent énormément aujourd’hui, mais attention à ne pas partir sur un coup de tête, il faut bien connaître son point de chute pour être sûr que la greffe prenne », avertit-il.

 

Mélanie Sevilla, go between

Bordeaux était restée dans un petit coin de sa tête. En quittant les bords de la Gironde, après ses études, pour un stage dans une agence média parisienne, Mélanie Sevilla, 39 ans, s’était dit qu’un jour « ce serait chouette de monter quelque chose » dans sa ville d’origine. Après dix ans à Paris comme planneur stratégique média chez OMD, PHD et Havas, elle fait le grand saut en 2013 à la naissance de sa fille. Elle trouve d’abord un CDI en régie publicitaire avant de lancer, neuf mois plus tard, sa structure, Middle Bo. « Il manquait, entre les annonceurs et les régies, le filtre du conseil. Ma position se situe entre les deux : défendre les intérêts des annonceurs en valorisant les compétences des régies », revendique-t-elle. Installée aujourd’hui dans les locaux du collectif d’experts Locomotiv, Mélanie Sevilla travaille pour des grands comptes locaux, comme Bordeaux Métropole Énergie ou l’Office du tourisme, et pour des clients nationaux. Le bilan de l’expérience ? « Enthousiasmant », relève cette éternelle optimiste. Elle a réussi à créer « un relationnel avec l’ensemble des régies publicitaires » locales, collabore avec d’autres indépendants et œuvre aussi comme bénévole au sein de l’Apacom, l’association des professionnels de la communication de Nouvelle-Aquitaine. « Mais tout n’est pas rose quand on quitte Paris. Il faut recréer son rythme, refaire sa place, avoir la force de se réinventer », met-elle en garde, se souvenant elle-même avoir frôlé le burn-out lors de son emménagement.

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