Corporate
Elle était attentive à la responsabilité des entreprises bien avant qu'on ne parle de RSE. Rencontre avec Séverine Lecomte dirigeante de l’agence Heidi, qui est aussi présidente de l'association Com-Ent.

L’agence de communication « corporate et sociétale » qu’elle a créée voilà onze ans s’appelle Heidi. Comme la jeune fille des montagnes des romans, un écho aussi à « idea » et « ID » (identité) en anglais. Pas un hasard pour Séverine Lecomte, sa directrice générale et fondatrice, arrivée dans l’univers de la communication par un chemin détourné. Cette littéraire de formation, qui se voyait directrice de collection dans l’édition, entre chez Euro RSCG (futur Havas) à la faveur d’un stage d’été. « Pour moi, c’était de la sous-culture… Je n’y suis pas arrivée avec la meilleure vision », confesse-t-elle. L’aventure qui devait durer quelques mois se poursuivra plus de quatre ans : là, avec notamment McDonald’s France comme client, elle travaille déjà sur des sujets corporate.

Tri sur les marchés

Pour « apprendre l’entreprise », elle part ensuite chez Sita France, filiale de Suez spécialisée dans la valorisation des déchets, où elle se souvient d’opérations de sensibilisation au tri sur les marchés ou du chantier de dépollution d’une usine. « J’ai été choquée de l’inconséquence de certaines pratiques. Cela a marqué ma manière de voir la responsabilité des entreprises », explique cette originaire de Seine-et-Marne. Elle enchaîne avec une autre expérience chez un acteur du recyclage, Eco-Emballages, comme directrice de la communication.

Elle saute ensuite le pas de la création d’entreprise. « J’avais travaillé jusqu’alors avec des agences qui savaient faire de la communication mais étaient peu au fait des transformations sociales et avec des cabinets qui ne savaient pas communiquer », confie la mère de deux enfants. Elle se lance sur le créneau du corporate et du sociétal. « Au début, seuls quelques clients comprenaient. Puis on a vu la progression, les attentes ont évolué, de même que les pressions environnementales, développe-t-elle. Les entreprises sont parfois à l’origine de changements réglementaires, comme la taxe sur les emballages ».

Sans violence ni ego

L’agence, qui compte une douzaine de personnes, a accompagné le déploiement d’un programme de sourcing local de L’Oréal. « On se complète : elle a une vision stratégique et intellectuelle et moi opérationnelle », relate Claire Scaramuzzino, directrice de clientèle chez Heidi. « La RSE, elle l’applique aussi à sa manière de manager, elle a une vraie écoute, elle est humaine », complète son « bras droit » depuis près de dix ans Son associé est aussi son mari. 

En parallèle, elle devient fin 2020 la présidente de l’association de communicants Com-Ent, « la première issue du monde des agences », souligne l’un de ses prédécesseurs Boris Eloy (Servair). « J’avais beaucoup apprécié sa lucidité, le fait de dire des choses vraies sans violence ni ego », poursuit cet ami, avec qui elle fait du théâtre. Pour elle, la parité, la diversité et l’inclusion ne sont pas des mots creux mais une priorité.

Parcours

1993.
Hypokhâgne, puis khâgne et maîtrise de lettres à la Sorbonne.

1999. Stage chez Euro RCSG (futur Havas) « pour s’occuper » avant la reprise des cours. 

2003. Responsable communication au sein du groupe Suez, chez Sita France.

2008. Directrice de la communication chez Eco-Emballages (devenu Citeo après une fusion).

2010. Fonde Heidi, agence de communication corporate et sociétale, qu’elle dirige toujours aujourd’hui.

Septembre 2020. Présidente de Com-Ent, association des métiers de la communication (1700 adhérents).



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