Communication
L’agence digitale Castor & Pollux structure son modèle autour de six activités pour devenir un groupe à part entière et renouer avec une croissance chahutée l’an passé.

Dix ans après son lancement, Castor & Pollux est à un tournant. Raison pour laquelle l’agence digitale indépendante, fondée par Stéphane Clousier et Julien Cocquerel, veut changer de dimension en devenant un « groupe ». Le mot est lâché. Et penser que ce choix soit d’ordre circonstanciel ou sémantique serait mal connaître la maison. « C’est le fruit de 18 mois de travail en interne et plus largement d’une décennie à l’écoute des clients. En tant qu’entreprise de services, il faut coller aux attentes. D’où la volonté de structurer, diversifier et enrichir notre offre de valeur », contextualise Stéphane Clousier, reconnaissant que le dessein est de jouer plus régulièrement dans la cour des grands. « Publicis, Havas ou WPP n’ont pas le monopole », estime-t-il un rien frondeur. « Le but, c’est d’être un "one stop shop" [guichet unique] et l’acteur référent sur le digital pour nos clients », appuie Julien Cocquerel.

Placement d’experts

Le modèle, revu en profondeur, s’articule désormais autour de six activités avec un manager à la tête de chaque entité. À commencer par celle d’agence de communication digitale, opérant sur le plan de la stratégie de marque au sens large. Deuxième verticale, par le biais des studios, la production des différents formats audio, photo et vidéo : podcasts, films publicitaires et institutionnels, motion design 3D, shootings photo et drone, interviews... « La volonté est de répondre aux besoins croissants des marques en matière de contenu », complète Stéphane Clousier quant à une logique qui régit également la troisième activité. En l’occurrence, la production et la déclinaison « en circuit court » de l’ensemble des supports de communication print et digitaux.

En parallèle, l’agence formalise son quatrième axe autour de la tech. Concrètement, ce pôle qui s’appuie sur le studio situé à Tours, effectue des audits d’écosystème digital et délivre un accompagnement technique pour développer diverses solutions web et métiers. Enfin, l’agence ajoute deux savoir-faire supplémentaires à son éventail, en tant que cabinet de placement d’experts digitaux pour des missions en régie allant de 2 à 36 mois, mais aussi comme organisme de formations agréé, référencé et validé par DataDock.

Gestion de bon père de famille

En résumé, de quoi repartir du bon pied après un exercice 2020 ayant vu, crise oblige, l’agence connaître un sérieux coup de frein. « Depuis 2010, nous réalisons en moyenne 40% de croissance annuelle. Cela n’a pas été le cas l’an passé même si le chiffre d’affaires s’avère légèrement supérieur à 2019 », rappellent les deux hommes, qui visent une centaine de collaborateurs et 10 millions d’euros de chiffre d’affaires à horizon fin 2023. Une ambition qui se fera sans l’AACC, que l’agence a décidé de quitter il y a quelques mois. « On ne sentait pas souffler ce vent d’optimisme nécessaire », commentent sobrement les fondateurs, préférant mettre l’accent sur « la gestion de bon père de famille » de Castor & Pollux, qui va permettre à l’agence d’investir après plusieurs années à soigner la trésorerie. Un autre tournant stratégique.

Chiffres clés

60. Nombre de collaborateurs.
5,5 millions d’euros. Chiffre d’affaires 2020.
6,5 millions d’euros. Chiffre d’affaires prévisionnel 2021.

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