SUPPLÉMENT RÉGIONS

Les collectivités qui vont accueillir les Jeux olympiques ou paralympiques – mais aussi celles labellisées Terre de Jeux 2024 – entendent utiliser le prestige des anneaux olympiques pour soutenir leur transformation ou se rendre plus attractives, notamment à l’international.

Paris 2024, c’est à Paris… mais pas seulement. La région Île-de-France sera en première ligne l’été prochain avec la Seine-Saint-Denis (qui accueille les épreuves d’athlétisme, de para-athlétisme, de natation, de water-polo ou d’escalade), Versailles (équitation) ou encore Saint-Quentin-en-Yvelines (cyclisme sur piste, VTT et BMX). Mais le reste du territoire est aussi largement impliqué : Lille (handball et volley-ball), Châteauroux (tir), Marseille (voile et football), Bordeaux (football, tout comme Nantes, Saint-Étienne, Lyon et Nice) ou encore, plus loin, Tahiti (surf).

De nouveaux équipements bienvenus

« Je veux faire de Marseille la première ville sportive de France », déclarait Sébastien Jibrayel, adjoint au maire en charge du sport, en 2020 à La Provence. La ville sera une étape importante des Jeux olympiques et paralympiques : c’est ici que la flamme olympique débarquera en France en mai et que se dérouleront, en plus du football, les épreuves de voile. Pour accueillir ces dernières, une marina olympique est en train de voir le jour. « Un formidable outil pour le développement du nautisme accessible à toutes et tous à Marseille. Il favorisera l’accès à la mer des Marseillaises et des Marseillais dans le cadre du sport scolaire », revendique la mairie. L’un des enjeux de la cité est l’apprentissage de la nage. Marseille participe donc au projet « 1, 2, 3, Nagez », qui vise à prévenir les noyades des enfants en ouvrant des créneaux supplémentaires dans les piscines, en utilisant le milieu naturel, mais aussi en faisant circuler des bassins mobiles dans les quartiers populaires, éloignés de la mer. L’été dernier, plus de 3 000 petits Marseillais ont ainsi appris à nager.

En Île-de-France, Saint-Quentin-en-Yvelines accueillera cinq épreuves, notamment cyclistes. Si trois sites existent déjà, il a fallu aménager la colline d’Élancourt pour le VTT. « Les Jeux nous ont fait gagner vingt ans », se félicite Laurent Mazaury, vice-président de la communauté d’agglomération délégué aux sports. « La carte vélo, c’est notre avenir », indique l’élu. Ce site olympique accueillera ensuite des pratiquants de tous niveaux avec des pistes vertes à noires. La collectivité a également aménagé un réseau de pistes cyclables reliant les différents sites olympiques et veut développer un réseau de pistes de VTT. Pour faire connaître cette participation à Paris 2024, Saint-Quentin organise depuis deux ans des animations dans les écoles. L’agglomération fait aussi tourner ses villages olympiques dans les communes avec la possibilité de gagner des places pour les Jeux. Le territoire sera par ailleurs habillé aux couleurs des JO.

Un label pour les collectivités

Mais les sites olympiques ne sont pas les seuls à vouloir tirer parti des Jeux. Paris 2024 a mis en place le label Terre de Jeux, permettant aux collectivités de participer à la préparation des Olympiades, notamment en hébergeant des Centres de préparation aux Jeux (CPJ) et en développant le sport pour tous ou inclusif. Vichy – cité thermale qui connaît bien les problématiques de santé – entend par exemple faire progresser le sport adapté. En étant l'hôtesse de l’événement organisé à cinq cents jours des Jeux paralympiques, la ville a affiché ses ambitions : « Lutter contre l’isolement des personnes en situation de handicap », explique Vincent Bargoin, directeur de Vichy ville sportive. Le CPJ de Vichy, qui accueillera les équipes paralympiques de triathlon américaines, de basket fauteuil ou de volley assis françaises, est doté d’équipements 100 % adaptés. Avec son dispositif Club inclusif, la collectivité accompagne aussi les associations sportives dans l’accueil et la pratique des personnes en situation de handicap.

« Le sport et la culture sont des éléments indispensables pour le bien vivre ensemble », rappelle Patrick Weiten, président du département de la Moselle, l’un des tous premiers territoires labellisés Terre de Jeux. Il faut porter « le sport et la culture pour tous et partout », revendique-t-il. C’est pourquoi le département a fait circuler des bassins mobiles pour permettre aux enfants des zones rurales d’apprendre à nager. Cette participation aux Jeux « donne de la fierté au territoire et à ses habitants », souligne Patrick Weiten. Une partie de la flamme olympique va d’ailleurs être réalisée par ArcelorMittal en Moselle. « Nous sommes désormais identifiés comme un acteur du sport et du sport pour tous, qui apporte un rayonnement, de l’attractivité à la Moselle qui en a bien besoin », insiste le président du Département.

De l’autre côté du globe, la Polynésie française souhaite valoriser l’« héritage » laissé par les Jeux. La collectivité cherche aussi à faire reconnaître le spot de Teahupo’o comme site de surf de référence dans le Pacifique. Elle s’est surtout fixé comme ambition de développer un savoir-faire en matière d’organisation d’événements sportifs de dimension mondiale. En ligne de mire, les jeux du Pacifique en 2027, les JO de Los Angeles en 2028, puis ceux de Brisbane en 2032. La Polynésie, comme les autres Terres de Jeux, attend avec impatience la vague Paris 2024.

Un accélérateur des transformations pour la Seine-Saint-Denis

La Seine-Saint-Denis est en première ligne, aux côtés de Paris, dans l’accueil des Jeux, le Département ayant été associé au projet dès la phase de candidature. Pour elle, les Jeux seront des « accélérateurs d’histoire(s) », notamment de la pratique sportive et des transformations écologiques du territoire. « Les Jeux constituent un accélérateur, car nous avons pu réaliser en sept ans des travaux qui nous auraient pris trente », explique Emmanuel Constant, vice-président du Département en charge de l’Éducation et des Jeux. Parmi ses nombreux engagements, le Département entend « utiliser les Jeux pour accélérer la pratique cycliste avec des sites 100 % accessibles à vélo » et, à terme, rendre la « Seine-Saint-Denis 100 % cyclable ». Pour accompagner ces mutations et communiquer auprès de ses administrés, il va habiller le Conseil départemental et les 130 collèges. « On va mettre des anneaux partout », résume Emmanuel Constant. Pour faire adhérer au projet Paris 2024, le Département a aussi mis en place des ateliers pédagogiques à destination des élus et des associations, et va offrir des billets aux habitants.

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