Législation
Laisser aux particuliers comme aux entreprises la possibilité d’investir dans la presse, c’est le sens de la proposition de loi de Céline Calvez, député LREM des Hauts-de-Seine et autrice d'un rapport sur la place des femmes dans les médias.

L'Assemblée a adopté votre proposition de loi de crédit d’impôt pour la presse d’information politique et générale (IPG). Quels en sont les principes ?
Céline Calvez. Il y a deux dispositifs de crédit d’impôt. Le premier incite les particuliers à investir dans la presse IPG, pour un plafond de 10 000 euros contre 5 000 auparavant pour un célibataire, et de 20 000 au lieu de 10 000 pour un couple. Le crédit d’impôt passe de 30 % à 50 % quand il s’agit d’investir dans une entreprise de presse à vocation sociale. Le deuxième dispositif concerne les entreprises et leurs investissements - à 25% - dans la presse. Un principe déjà en place avant 2013 et qui concernait 100 à 200 entreprises. Cela peut sauver des titres. On n’a pas encore noté de défaillance mais l’on sait très bien que la sous-capitalisation peut être un facteur de fragilité.
 
Pourquoi se limiter à la presse IPG?
Nous avons à cœur, en tant que puissance publique, que ce soit la presse d’information qui reçoive le plus, même si les aides ne se limitent pas à la presse IPG. J’avais proposé que ces dispositifs soient étendus à la presse professionnelle ou spécialisée, ou de la connaissance et du savoir. On verra ultérieurement, mais je préfère m’assurer que cela passe auprès de Bercy. Il y a aussi le crédit d’impôt pour un premier abonnement IPG, mis en place dans le troisième PLF rectificative. Cela pose la question de savoir comment on attribue et on contrôle une presse IPG. On devrait avoir plus de visibilité là-dessus.
 
Dans votre rapport sur les femmes dans les médias, vous pointez la faible place des expertes dans la crise du Covid. N’est-ce pas parce qu’il y a surtout des hommes parmi les pontes de la médecine ?
Les médias doivent être volontaires, y compris quand on flèche vers eux des responsables qui sont plutôt des hommes. Ils pourraient faire appel à des porte-paroles femmes qui n’ont pas accès à des postes trustés par les hommes. Voir d’autres visages dans les médias permet de montrer que les femmes sont aussi présentes dans ces sphères. Avoir une politique volontariste implique d’avoir des quotas, au moins pour avoir une amélioration de façon progressive. Ce peut être fixé par le législateur ou par une convention entre l’État et les entreprises pour recevoir des aides. Le CNC a déjà un bonus parité. Il faut aussi inciter les expertes à mieux se faire connaître, via le site Expertes.fr ou en favorisant des rencontres avec les journalistes comme l’ont fait Prenons la Une ou Vox Femina. Si on favorise la diversité des points de vue, on a aussi une prévention contre les fausses infos et les emballements médiatiques.
 
Pourquoi créer une exception à la loi sur la presse de 1881 à travers l’article 24 de la loi sur la sécurité globale ?
Il a été précisé que la liberté d’informer était garantie et qu’il fallait une atteinte manifeste à l’intégrité physique et psychique des policiers. Cette notion est d’ailleurs présente dans la loi sur les principes républicains (ex contre les séparatismes). Cela aurait pu être l’unique principe adopté, mais le Conseil d’État doit d’abord se prononcer. Le choix a été fait de garder l’article 24 car il est spécifique aux forces de l’ordre et permet d’avoir dès à présent cette possibilité.

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