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L'avis des éditeurs

FRANCOIS-XAVIER LEFRANC, rédacteur en chef de Ouest-France

Pourquoi avoir choisi de ne pas publier de sondages d’intentions de vote dans Ouest-France ?

Nous avons pris cette décision en octobre lorsque nous avons constaté que les sondages occupaient une place affolante. Nous avions peur qu’ils n’oblitèrent le débat public, ce qui s‘est d’ailleurs en partie passé. On a trop parlé de pourcentages de votes pour les candidats et pas assez des vrais sujets.

Mais le score des candidats ne vous semble pas essentiel ?

À Ouest-France, nous sommes centrés sur les citoyens, sur ce qu’ils ont à dire.

Pointez-vous du doigt la responsabilité des sondeurs ?

Non, je remets en cause les médias et l’utilisation qu’ils font des sondages, pas les sondeurs. Ces derniers répètent toujours à juste titre les précautions d’usage. Les sondages sont peu fiables et ne donnent qu’une tendance, surtout quand ils reposent sur un panel de 1 000 personnes. Comment peuvent-ils donner l’intention de vote précise et fiable de 48,7 millions de votes. Nos compatriotes d’outre-mer n’y sont pas représentés, par exemple. Il s’agit d’une tendance, d’une information imprécise que les journalistes ne peuvent pas confirmer.

Pensez-vous que ces sondages influent sur les votes ?

Il s’agit d’une information fragile qui tourne en boucle et influence, notamment, les électeurs indécis. La moitié d’entre eux y sont sensibles, je crois. Pilonner avec ces chiffres est un système infernal qui fragilise la démocratie. Il est temps que notre métier se ressaisisse.

Quel est le retour de vos lecteurs par rapport à cette décision ?

Je suis journaliste depuis 37 ans et je n’avais jamais vu autant de réactions. Elles étaient très positives. Les lecteurs nous remerciaient. Seuls quelques-uns nous ont reproché de vouloir casser le thermomètre car la température ne nous convenait pas. Mais le thermomètre n’est pas fiable. Et les sondages commentés par des journalistes qui ne sortent pas de leur bureau ne me conviennent pas.

Quel journalisme favorisez-vous alors pour couvrir la campagne ?

Nous croyons au journalisme de terrain, à l’enquête. Et à couvrir les thèmes qui intéressent nos concitoyens : le pouvoir d’achat, les déserts médicaux, le climat, les retraites, l’Europe, la guerre en Ukraine.

JEAN-MICHEL SALVATOR, directeur des rédactions du Parisien-Aujourd’hui en France

Votre prédécesseur avait choisi pour l'élection de 2017 de ne pas publier de sondages. Pourquoi avez-vous décidé de les réintroduire ?

J’ai fait ce choix pour trois raisons. Ce sont aujourd’hui les sondages qui rythment les campagnes présidentielles. Les journalistes le constatent. Il n’est qu’à voir la décision de François Hollande de ne pas se représenter en 2017, elle s’est fondée sur les sondages. De même pour François Bayrou. Éric Zemmour ne se serait sûrement pas présenté à la présidentielle si les sondages ne lui avaient pas montré qu’il y avait un intérêt autour de sa candidature et qu’il pouvait y réaliser un score intéressant.La sélection des candidats pour la primaire s’est aussi fondée sur les intentions de votes. On ne peut pas se déroder et ne pas y faire référence. Ils sont un élément de référence.

Vous êtes-vous imposé un cadre pour en rendre compte ?

Il me semble qu’on ne peut pas refuser de commander des sondages et, en même temps, reprendre ceux des autres. Sous peine de ne traiter que des sondages spectaculaires. Il faut être responsable de ses sources, surtout lorsque l’on est un grand journal comme le nôtre. Mieux vaut ne se référer qu’à ses sources, quels ques soient les résultats.

Vos lecteurs sont-ils avides de sondages ?

Nos lecteurs souhaitent avoir ces informations. C’est ce que l’on constate en suivant les audiences de votre site internet : ces derniers jours, les papiers les plus lus ont trait aux sondages. Ils sont un élément du traitement d’une présidentielle parmi d’autres, évidemment. Et nous avons publié une cinquantaine de reportages et des enquêtes, qui ne peuvent, en aucune manière, se substituer aux sondages.

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Les médias en font-ils trop sur les sondages ?

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