Tribune
De plus en plus d’entreprises de prêt-à-porter adoptent une approche «body positive». Lisa Gachet, fondatrice de la marque Make my Lemonade, tente de déconstruire les stéréotypes du corps parfait au profit de silhouettes de «girls next door».

Il y a quelques temps, j’ai découvert que j’avais un engagement politique. J’ai décidé de donner à voir des femmes de la vraie vie. Des femmes amies, des femmes rencontrées au hasard de la vie, des énergies inspirantes, des physiques sublimes tout simplement. J’ai découvert via des discussions enflammées que décider d’afficher, sans retouches, des corps différents de ceux qui sont habituellement montrés par l’industrie de la mode est déjà un engagement. Ne plus invisibiliser les femmes qui ne rentrent pas dans du 34, soit plus de 87 % de la population féminine, décider de mettre en avant les différences, c’est aussi faire bouger les lignes.

Le 90-60-90 a la peau dure.

Aujourd’hui pour cette prise de parole dans Stratégies, j’ai repensé au moment où j’ai décidé de faire poser des « vraies » femmes, quelle avait été la genèse de cette démarche. Je me souviens des débuts de la marque il y a quatre ans. Nous avions fait un grand casting sur les réseaux sociaux. L’idée était de faire participer notre communauté dans notre aventure entrepreneuriale. À la suite de cela, nous avons reçu des centaines de candidatures de clientes toutes plus enthousiasmées les unes que les autres à l’idée de devenir une possible égérie de notre marque. Je me suis rappelée du culte que je vouais, lorsque j’étais plus jeune, à certains magazines qui montraient des lectrices en couverture. Pour chacun de ces (rares) numéros, je me souviens du sentiment d’appartenance que j’éprouvais. Et pouvoir intégrer cette vision des corps me remplit de joie. Réussir à mettre en valeur des formes, des vergetures, des petits formats, de la cellulite, des plis… Cela a été comme une thérapie. Une manière de remettre à plat l’image d’un corps fantasmé que j’ai pendant de nombreuses années intégrée au travers de la presse féminine. Désormais, je vois de la beauté dans tous les corps qui m’entourent.

Pourtant, j’ai la tristesse infinie de vous annoncer que le culte des mensurations parfaites 90-60-90 a la peau dure. Selon différentes études, en moyenne, la Française mesure 1 m 63 et pèse 63 kilos, elle porterait une taille 38, selon une étude 39,43 % déposerait cette norme… La catégorie des femmes « minces » – qui requiert dix points d’écart entre la taille et le poids soit 1 m 62 pour 52 kilos – représenterait seulement 13 % des Françaises. Alors je ne baisse pas les bras, je reste persuadée qu’il faut arrêter de fantasmer sur des corps qui ne seront jamais les nôtres. Et commencer à s’inspirer de femmes qui se sentent bien dans leurs baskets, qui accomplissent de grandes choses, tout en gardant le sourire ! 





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