Feminists in the City organise des visites dans des grandes villes, sous un œil féministe. La cofondatrice, Julie Marangé, n’était pas vouée à s’engager dans ce type de projet, jusqu’au jour où elle a ouvert les yeux et en a fait son premier combat.

« Je participais à ma propre oppression. » Grandir dans un monde conservateur et un jour ouvrir les yeux : Julie Marangé s’est rendu compte des diktats et des questions féministes lorsqu’elle s’est fait reprendre par l’une de ses amies à l’Université. « Elle m’a fait remarquer ma misogynie intériorisée, et c’est à ce moment que j’ai commencé à ouvrir les yeux sur ces sujets », commence-t-elle. Aujourd’hui, elle est à la tête de Feminists In The City, un organisme créé en 2018 aux côtés de Cécile Farat – qui n’en fait plus partie – et qui a pour but de proposer de visiter des grandes villes avec un œil féministe. Julie Marangé a fait un bout de chemin, plein d’introspections et de questionnements, qui l’ont menée à sa place aujourd’hui.

« Pour moi, à l’époque, les féministes, c’étaient les Femen. S’assumer comme telle avait une connotation négative. Et avant l’arrivée de #MeToo, je pensais qu’au niveau des égalités c’était “réglé”. En découvrant ces sujets, je me suis prise de passion, j’étais en quête de sens et de soif sur ces questions. Je suis passée de non-féministe à féministe “hystérique”, si on peut le dire. » Alors qu'elle étudie en Angleterre pour son bachelor en politics internationals relations, cette envie d’apprendre et de se spécialiser s’amplifie. Elle se présente dans son Université et devient présidente de l’association pour le droit des femmes. « L’expérience des autres femmes m’a sortie de ma vision très française et m’a permis de me rendre compte des autres formes de discriminations que les femmes non-blanches subissent », poursuit-elle.

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La naissance de Feminists in the City arrive lors de son master d’affaires publiques à Sciences Po, durant un cours. « Avec Cécile, nous ambitionnions de créer quelque chose dans le but de démystifier le féminisme. À cette époque, nous étions encore avant #MeToo, il y avait encore un tabou sur ce mot, beaucoup de mépris et d’ignorance. Notre but est de nous demander quel pan de l’histoire n’a pas été raconté sous le prisme des femmes. » La première visite a lieu en mars 2018 à Paris, en prenant le street art comme « porte d’entrée » pour sensibiliser au féminisme notamment dans le quartier de la Butte-aux-Cailles. « Au fur et à mesure, nous nous sommes rendu compte qu’on faisait plus que parler de féminisme : on mettait en avant les femmes artistes. » Depuis, les visites ont rassemblé près de 12 000 participant(e)s. 

Les sessions sont écrites pour la plupart par Julie, et ce sont ensuite des guides conférencières spécialisées dans les sujets qui s’occupent d’animer. Le prix d’un billet standard est de 23 euros, et Feminists  in the City est présent dans plusieurs villes : Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Marseille. Les prochaines séances se tiennent en collaboration avec Organon France, laboratoire spécialisé en santé des femmes, qui organise un parcours retraçant l’histoire de la condition des femmes, de l’avancée de leurs droits à la reconnaissance des maladies les touchant particulièrement et au développement de l’accès à certaines professions restées longtemps chasse gardée des hommes. Outre ce projet, Julie Marangé est également à l’initiative du premier Sommet de la sororité qui s’est tenu en 2021, ainsi que du Power Feminist Training, un programme de six semaines flexible en ligne qui permet aux femmes actives de « rendre leur féminisme puissant ».

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