Télévision
Que ce soit dans le divertissement ou la fiction, les programmes télé du monde entier reviennent aux fondamentaux en cherchant à créer du lien et de la proximité, crise sanitaire oblige, selon la dernière étude NoTa de Glance.

On dit souvent que la télévision est le reflet du monde. Alors que les téléspectateurs sont plongés dans la pandémie du Covid-19 depuis presqu’un an, qu’ont-ils envie de regarder à la télévision et surtout quels programmes verront-ils demain sur leurs écrans ? Selon la dernière étude NoTa sur les tendances des programmes à l’international, présentée le 21 janvier par Glance, le département international de Médiamétrie, l’heure est à la sobriété.


- Lien social et proximité dans les programmes de flux
De la neige à perte de vue, une plongée dans les fonds marins ou encore une promenade en pleine forêt : bienvenue dans A world of calm, la nouvelle expérience de slow TV lancée sur la plateforme HBO Max en octobre dernier aux Etats-Unis. « Après la multiplication des programmes de coaching pendant les confinements, la rentrée est placée sous le signe du bien-être », note Avril Blondelot, directrice content insights chez Glance. Dans ce même esprit de méditation télévisuelle, BBC4 a diffusé en septembre Mindful escapes : breathe, release, restore, une série documentaire en quatre épisodes sur la manière dont la nature et les animaux peuvent améliorer notre bien-être. Même chose sur Netflix avec le programme Headspace guide to meditation, une série animée sur les bénéfices de la méditation.
Les relations humaines sont aussi au cœur de nombreux programmes de flux, qu’il s’agisse de la sphère familiale, amicale ou des rencontres amoureuses. En Norvège, l’émission Familiens Aere, diffusée sur NRK1, met en scène six familles de sportifs connus, qui s’affrontent dans différentes compétitions. Les programmes de dating continuent aussi de se décliner à l’infini, avec notamment des émissions de rencontres en pleine nature, comme Love in the air en Irlande, ou encore un programme de slow dating hollandais, Let love rule, créé par John de Mol et diffusé dans plusieurs pays d’Europe, dont bientôt le Royaume-Uni sur ITV2. Au-delà des relations humaines, les animaux de compagnie font eux aussi de plus en plus souvent l’objet d’émissions, avec par exemple The Dog house, un docu-réalité sur un chenil, prochainement diffusé en Australie sur Channel 10, ou encore Pooch perfect, un concours de toilettage de chiens diffusé en Australie également, et déjà adapté au Royaume-Uni et bientôt aux Etats-Unis.
« La notion de proximité se développe aussi sur les programmes de cuisine », relève Avril Blondelot. C’est le cas par exemple de l’émission Chef vs Corner shop, diffusée en décembre sur Channel 4 au Royaume-Uni et qui met en scène un chef dont la mission est de concevoir deux plats pour moins de 10 pounds à partir d’ingrédients achetés à l’épicerie du coin.
Autre tendance, le développement de jeux ou de concours de talent avec de petits objets, après le succès à l’international de Lego Masters. Le programme Pretty small par exemple, diffusé au Pays-Bas sur SBS6 en décembre, fait s’affronter plusieurs candidats au titre de meilleur miniaturiste du pays. Même intérêt pour l’infiniment petit avec Marble Mania, un concours de billes entre célébrités, également diffusé sur SBS6 aux Pays-Bas. Avec la crise sanitaire, « nos mondes se rétrécissent et ça se voit à l’écran », estime Avril Blondelot.

- La fiction entre reboot et jeu vidéo
Malgré le report de nombreux tournages du fait de la crise sanitaire, de nouvelles fictions, dont beaucoup de séries, ont pu être lancées ces derniers mois sur les écrans du monde entier, pour la plupart tournées avant le Covid. Et parmi les tendances du moment, Glance relève un certain nombre de reboots, de nouvelles versions de feuilletons à succès des années 80 ou 90, qui d’emblée créent de la proximité avec l’audience en jouant la carte de la nostalgie. En plus de Battlestar Galactica et Sauvé par le Gong, le sitcom culte Le Prince de Bel-Air va faire l’objet d’un reboot, Bel-Air, qui sera diffusé sur la plateforme de NBCUniversal, Peacock, dans une version très éloignée et beaucoup plus sombre que le feuilleton qui a fait connaître Will Smith dans les années 90.
« En matière de fiction, les recettes classiques pour faire un succès restent les mêmes. Les thrillers continuent de bien marcher », indique Cécile Bertrand, responsable d’études et de clientèle chez Glance. En 2020, une série lancée sur trois appartenait au genre crime-thriller, en légère progression sur un an. Et en ces temps où l’on n’a jamais été autant chez soi, la sphère familiale a été l’un des grands sujets d’inspiration des scénaristes, avec par exemple la série sud-coréenne Flower of Evil, diffusée sur TVN, dans laquelle un homme cache son sombre passé à sa femme détective. Même type de huis clos familial avec la série finlandaise Man in Room 301, présentée en compétition lors de la dernière édition de Canneseries à l’automne 2020.
La science-fiction gagne aussi du terrain. Dans la série d’anticipation franco-italienne Anna, qui sera diffusée cette année sur Arte et Sky Atlantic, le téléspectateur se retrouve plongé dans un monde dans lequel un virus, celui de la fièvre rouge, a tué tous les adultes et où les êtres humains ne vivent plus que jusqu’à 14 ans. « La science-fiction est un genre qui occupe peu de place dans l’offre de séries mais qui devient moins niche qu’avant », relève Cécile Bertrand. En 2020, près de 50 séries de ce genre ont été lancées dans le monde, contre 30 il y a deux ans.
Et parmi les sources d’inspiration des séries de science-fiction, le jeu vidéo figure en bonne place, avec par exemple la série japonaise Alice in Borderland, mise en ligne sur Netflix en décembre dernier. Cette tendance devrait encore s’amplifier, avec l’adaptation des jeux vidéo à succès Fallout par Amazon Studios ou encore Assassin’s Creed par Netflix. Dans le viseur, une audience plus jeune, si difficile à capter sur les médias traditionnels.

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